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pour la Protection du Peuple Palestinien : http://www.protection-palestine.org/


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« Le tir d’un Israélien sur une fillette montre l’hypocrisie internationale »
disent les Palestiniens

Chris McGreal

publié le dimanche 5 février 2006.

"Les deux morts sont passées inaperçues pour le monde extérieur en plein drame politique, mais elles ont marqué les Palestiniens, sous le coup de la colère par les exigences des dirigeants occidentaux pour que le Hamas reconnaisse Israël et renonce au combat armé. "

Les bulletins aux élections palestiniennes étaient dépouillés et le succès écrasant du Hamas éclatait aux yeux du monde. Aya al-Astal s’était éloignée de sa maison et se promenait le long de la frontière, entre la Bande de Gaza et Israël. Les parents de la fillette de 9 ans ont réalisé qu’elle était partie pendant qu’ils regardaient les résultats des élections à la télévision. Ils ne savaient pas précisément ce qui était arrivé, mais l’armée israélienne plus tard, dira qu’Aya s’était comportée d’une manière suspecte, faisant penser à un terroriste - elle était très près de la barrière servant de frontière - alors un soldat a tiré plusieurs balles sur l’enfant, la touchant au cou et lui perforant l’estomac.

Aya est la deuxième enfant tuée par l’armée israélienne, la semaine dernière. Les soldats, près de Ramallah, ont tiré sur Munadel Abu Aaalia, 13 ans, dans le dos alors qu’elle marchait le long d’une route réservée aux colons juifs, avec deux amis. L’armée a déclaré que les garçons voulaient jeter des pierres sur les voitures israéliennes, ce qui est appelé par les militaires, du terrorisme.

Ces deux morts sont passées inaperçues pour le monde extérieur en plein drame politique, mais elles ont marqué les Palestiniens, sous le coup de la colère par les exigences des dirigeants occidentaux pour que le Hamas reconnaisse Israël et renonce au combat armé.

Certains Palestiniens ressentent ces exigences comme un rejet de leur élection démocratique, comme prenant partie pour Israël. D’autres y voient de l’hypocrisie. Ils disent que les soldats israéliens ont tué, dans la seule semaine dernière, deux fois autant de Palestiniens - dont deux de leurs enfants - que le Hamas n’a tué d’Israéliens durant toute l’année écoulée.

« Aya a été touchée dans le cou et dans l’estomac. Son estomac sortait de son ventre » dit Aisha, la mère de l’enfant. « Nous n’avons aucune idée pourquoi elle est allée là-bas, mais ce n’était qu’un enfant. Elle était si petite. Elle n’avait que neuf ans. Elle ne portait pas le foulard, c’était visible que ce n’était qu’une fillette. C’est la haine ! ».

Le Hamas est responsable de la mort de plus de 400 Israéliens. Mais depuis que le cessez-le-feu a été décidé, il y a un an, le Hamas a tué un seul Israélien, selon les comptes du gouvernement israélien lui-même. Sasson Nuriel avait été kidnappé en septembre et obligé d’enregistrer une vidéo exigeant la libération des prisonniers. Le Hamas dit qu’il l’a tué alors que l’armée s’apprêtait à le trouver.

Le Hamas a également organisé un attentat suicide à Beer Sheva, dans une gare routière, en août, qui a blessé sérieusement deux gardes de sécurité ; il était aussi derrière quelques attaques de roquettes artisanales tirées de Gaza sur Israël ; elles font souvent peur mais tuent rarement. Le Hamas dit que ces tirs répondaient aux attaques israéliennes.

« Le Hamas est resté calme pendant un an. Israël a continué à tuer nos civils » dit le dirigeant Hamas, Mahmoud al-Zahar. « Pourquoi les Israéliens peuvent-ils continuer de tuer notre peuple, des personnes innocentes descendant la rue, sans subir les critiques de ceux qui nous disent que nous devons cesser notre combat historique contre l’occupant ? pourquoi craignent-ils de critiquer Israël alors qu’ils nous disent ce qu’il faudrait faire ? »

La famille Astal est politiquement divisée. La mère d’Aya a voté pour le Hamas. Sa tante, Samir al-Astal, a soutenu le parti perdant, le Fatah. Mais il y a peu de différence entre leurs croyances alors qu’il y a un double langage dans les déclarations étrangères selon qu’il s’agisse d’Israël ou des Palestiniens.

« Les Américains excusent toujours Israël », dit Samir. « Israël est comme un fils corrompu. Israël ne subit jamais de pressions. Ils tuent nos enfants et personne ne dit quoi que ce soit. S’il y a une réaction de la part des Palestiniens après ces meurtres, alors on nous appelle des terroristes. »

Les Israéliens disent qu’ils regrettent les morts de civils mais ajoutent qu’elles ne sont qu’accidentelles, au contraire de celles causées par les attentats suicide ; ils prétendent que le Hamas a été « de façon intensive impliqué dans les actions terroristes » malgré le couvre-feu.

Lundi 30 janvier 2006 - Le Guardian - publié sur Imemc le mercredi 1er février 2006
http://www.imemc.org/content/view/1...
Traduction : JPP