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Gaza se prépare pour la Semaine contre l’Apartheid israélien

Rana Baker et Joe Catron - The Electronic Intifada
publié le mardi 13 mars 2012.

Pour la troisième année consécutive, des étudiants de Gaza organisent une série d’évènements en vue de la tenue de la Semaine contre l’Apartheid Israélien.


La contribution de Gaza à l’initiative des campus est en grande partie l’œuvre de la Campagne conduite par les Etudiants Palestiniens pour le Boycott Académique d’Israël. Fondé au début de l’année 2009, soit peu de temps après l’Opération Plomb Durci, ce groupe estime que les étudiants Gazaouis devraient inspirer les groupes solidaires de la Palestine à travers le monde entier.

La Campagne a donc tissé des liens avec de nombreuses universités et groupes d’étudiants issus de pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Italie. Tous les groupes seront connectés via skype et organiseront des évènements conjoints durant la Semaine contre l’Apartheid Israélien qui commencera le 12 mars à Gaza.

Dans cette perspective, les membres du comité organisateur, basés à Gaza, travaillent d’arrache-pied en collaboration avec des auteurs, des poètes et des groupes de militants à l’échelle internationale pour établir un programme visant à illustrer le succès enregistré par la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) contre Israël.

D’après Haidar Eid, professeur de littérature anglaise à l’Université Al-Aqsa de Gaza, l’initiative connaît « Chaque année un nouveau souffle qui contribue à son développement et son progrès » En effet, des programmes très riches sont à l’ordre du jour cette année qui marquera aussi la présence de grands noms d’intervenants et militants. Ainsi, nous aurons l’honneur d’accueillir Ahdaf Soueif, auteur de Map of Love et In the Eye of the Sun. Elle abordera la question de la Révolution Egyptienne et son impact sur la Palestine et vice versa.

Il y aura également la remarquable participation de Susan Abulahwa, auteur du brillantissime Mornings in Jenin qui expliquera le sens de l’exil dans les récits Palestiniens. Samah Idriss sera aussi notre invité et parlera en sa qualité d’intellectuel et de militant BDS de l’importance du mouvement de boycott dans le monde Arabe. Pour sa part, le musicien Tariq Shadid (connu également sous le nom de Doc Jazz) qui réside aux Emirats Arabes Unis, aura à évoquer l’étendue du boycott culturel d’Israël.

Un groupe ambitieux

La Semaine contre l’Apartheid Israélien qui se tient à Gaza fait partie d’un ambitieux programme international. L’année dernière, cette manifestation a vu la programmation de plusieurs évènements dans 97 villes à travers six continents. Selon Rafeef Ziadah, militante et poétesse Palestinienne basée à Londres et membre du comité de coordination de la Semaine contre l’Apartheid Israélien, le nombre est appelé à croître cette année.

Elle avoue que cet évènement n’avait pas connu un démarrage encourageant à cause de l’atmosphère défavorable qui y régnait. Ziadah qui était oratrice à l’évènement tenu à Ontario (Canada) en mars 2005 a souligné qu’il s’agissait d’un « effort modeste fourni par un groupe d’étudiants de l’Université de Toronto, soutenus par des étudiants de l’Université de York ». Elle explique : « Il est clair que cette initiative a été attaquée depuis le début et s’était heurtée à des lobbies pour qu’on change et qu’on ’assouplisse’ le nom de l’évènement. Toutefois, le groupe n’a pas répondu à la pression et a décidé de maintenir le nom car le temps était venu pour commencer à utiliser le terme d’apartheid. En effet, ce terme a été adopté pour son acception légale mais aussi pour l’associer au combat mené par l’Afrique du Sud contre l’apartheid ainsi que la campagne de boycott déclenchée pour l’anéantir ».

Cette association s’est révélée capitale pour l’identité de la Semaine contre l’Apartheid Israélien qui a connu une évolution tout au long des sept années suivantes. Cinq mois après le lancement de l’initiative, le mouvement BDS a vu le jour au mois de juillet. Cette date, affirme Omar Barghouti, fondateur du Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel et du mouvement BDS, était une pure coïncidence, cependant « la Semaine contre l’Apartheid Israélien est vite devenue une partie intégrante du mouvement global de BDS et l’activité principale des campus ».

Le boycott : un devoir

A ce titre, Eman Sourani, 22 ans et membre du comité de coordination affirme : « Que se soit à Gaza ou partout dans le monde, l’objectif de la Semaine contre l’Apartheid Israélien est de mettre les gens au courant du système d’Apartheid israélien, d’une part, et tisser un réseau solide de BDS à travers le monde, d’autre part. Pour les Palestiniens, le mouvement BDS est un devoir à accomplir et une action à entreprendre ».

L’an dernier, l’évènement organisé à Gaza a regroupé plusieurs orateurs de renom, à l’instar de Barghouti, Ziadah et de l’historien israélien Ilan Pappe. Le succès de la manifestation en a été exceptionnel du fait de la très grande participation ainsi que des réactions positives des orateurs et des participants. Pour sa part, Lina al-Sharif, participante et bloggeuse Palestinienne vivant au Qatar, a répondu par un « grand oui » à la question si elle comptait y prendre part cette année.

D’autre part, Nalan al-Sarraj, étudiant en journalisme à l’Université d’al-Aqsa reconnaît que « beaucoup de choses ont changé depuis l’année dernière. Cette année, l’évènement contribuera sans doute à l’avancement de nos objectifs ». Dans le même contexte, Omar Barghouti a tenu à louer la participation de Gaza à l’évènement mondial. Il avoue : « J’ai été extrêmement ravi de prendre part à la Semaine contre l’Apartheid Israélien, organisée l’an dernier à Gaza » et d’ajouter : « Les militants Palestiniens ont réussi à introduire Gaza dans l’ordre du jour de la Semaine contre l’Apartheid Israélien et ce, malgré le blocus et les conditions inhumaines qu’impose l’occupation israélienne au peuple gazaoui. Ce dernier ne cesse de nous donner des leçons sur la détermination et la résistance créative contre l’oppresseur ».

Cette impression positive a également été ressentie par Ziadah. Contente de sa participation, elle avoue : « Les étudiants étaient impatients de connaître le succès enregistré par le mouvement BDS à l’échelle internationale ainsi que le quotidien des palestiniens, notamment des militants, en exil » Une expansion rapide

Aujourd’hui, il apparaît clairement que le succès fulgurant que connaissent la Semaine contre l’Apartheid Israélien et le mouvement BDS a fait que ces deux projets deviennent les plus importantes initiatives mondiales conduites par les militants pros Palestiniens.

Dans cette optique, Barghouti explique : « L’évolution au fil des années de la Semaine contre l’Apartheid Israélien démontre, sans l’ombre d’un doute, que le concept-clé est à la fois créatif, opportun, voire révolutionnaire. En effet, La Semaine contre l’Apartheid Israélien a joué un rôle prépondérant dans la prise de conscience de l’opinion publique au sujet des différentes facettes de l’apartheid israélien caractérisé par un système colonial qui opprime le peuple Palestinien. La manifestation a également permis aux communautés universitaires d’apporter leur contribution pour la liberté des Palestiniens ».

Et puisqu’il s’agit d’une mobilisation planétaire, la Semaine contre l’Apartheid Israélien a permis de nouer des liens entre les militants gazaouis qui sont isolés par le blocus israéliens et leurs pairs partout dans le monde.

« Aujourd’hui, la Semaine contre l’Apartheid Israélien œuvre à l’établissement des liens entre les différentes organisations solidaires de la Palestine, notamment estudiantines, autour d’une action unie et coordonnée à l’échelle internationale », affirme Ziadah. Elle ajoute : « Cet évènement ambitionne également de donner une image du peuple palestinien en tant qu’entité indivisible, certes vivant dans des conditions différentes, mais qui reste quand même unie pour la libération de la Palestine. Toutefois, le seul inconvénient que j’ai soulevé l’an dernier était ma participation via skype. Ce point démontre à quel point l’apartheid israélien tente à nous diviser. Je souhaite pouvoir le faire un jour en personne ».

Ziadah explique comment la Semaine contre l’Apartheid Israélien s’associe aux combats similaires pour la libération : « Il ne s’agit pas seulement de la solidarité avec la Palestine mais plutôt d’une lutte plus large pour la justice sociale et économique. La manifestation a joué un rôle très important dans la prise de conscience et la diffusion des concepts et informations sur le sionisme, la lutte Palestinienne pour la libération et ses points communs avec les combats autochtones des nord-américains pour la souveraineté et ceux des sud-africains contre l’apartheid ».

La Semaine contre l’Apartheid Israélien commencera par une connexion skype avec Soweto (Afrique du Sud) et le lancement d’une vidéo musicale réalisée par des artistes Palestiniens et Sud-africains, intitulée « Palestinian : The New Black’ » [Palestinien : le Nouveau Noir].

A ce titre, Haidar Eid affirme : « C’est un pas important dans le but de conforter l’idée et le concept que nous défendons, à savoir la nature d’apartheid de l’état d’Israël, et c’est exactement le dessein de la Semaine contre l’Apartheid Israélien ». Pour sa part, Eman Sourani insiste sur l’importance de cet évènement, notamment à Gaza car il contribue à sensibiliser l’ensemble des citoyens des actions entreprises dans le cadre de la campagne BDS. Elle conclut : « Ce mouvement est déjà connu partout dans le monde, mais il faudrait préciser que c’est d’abord et avant tout un mouvement Palestinien et un moyen essentiel pour regrouper les palestiniens autour d’une participation efficace pour notre libération ».

Source : http://electronicintifada.net/conte... Traduction : Niha


Rana Baker et Joe Catron - The Electronic Intifada

* Rana B. Baker, 20 ans est étudiante en business administration à Gaza et membre de la Campagne des Etudiants Palestiniens pour le Boycott Académique d’Israël. * Joe Catron est membre de la Campagne américaine pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël et militant pour la solidarité internationale. Tous deux sont membres du comité organisateur de Gaza de la Semaine contre l’Apartheid Israélien


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