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Pas de “concessions”

Hisham Ahmed
publié le samedi 13 août 2005.

Avec son plan de retrait unilatéral, Sharon vise à gagner sur tous les plans : à l’égard des Palestiniens, de la communauté internationale et spécialement les Etats-Unis, et en politique intérieure.


Une opinion palestinienne

L’une des raisons que Benjamin Netaniyahu a présentées lorsqu’il a remis sa démission, le 7 août, a été de dire qu’il ne voulait pas être mêlé à ce qu’il a appelé « des concessions » faites à la partie palestinienne sans qu’Israël n’aie quelque chose en retour.

En effet, à première vue, il peut sembler étrange qu’un Premier ministre israélien évacue des colonies unilatéralement sans contrepartie de la part de l’Autorité palestinienne dans des négociations.

Mais ce serait interpréter un peu vite le choix d’Ariel Sharon pour un retrait unilatéral. Au contraire, Sharon, semble-t-il, est résolu d’apparaître dans l’histoire comme étant le seul Premier ministre israélien « dans le coup », y compris à l’égard de Netanyahu, qui, régulièrement et complètement, à refusé de négocier avec les Palestiniens - aussi bien avec l’Autorité palestinienne que l’OLP. Sharon est le seul à agir ainsi, de tous les dirigeants israéliens depuis les accords d’Oslo.

En fait, les motivations de Sharon avec son plan de désengagement unilatéral sont diverses mais aucune n’a quelque chose à voir avec des « concessions ».

D’abord et principalement, Sharon a été déjà désigné par ses proches comme voulant geler le processus de paix, plutôt que de le ranimer. Et le retrait des 4 petites colonies du nord de la Cisjordanie et de toutes les colonies de la Bande de Gaza lui permet d’appliquer ce qui lui semble être le mieux, stratégiquement, pour les intérêts à long terme d’Israël.

Le retrait de la Bande de Gaza est le prix qu’il faut payer pour cela, car y maintenir les colonies est trop coûteux tant sur le plan financier que militaire, et parce politiquement, la Bande de Gaza représente peu dans ce qui touche les Israéliens.

En plus, l’acte unilatéral ne lui crée aucune obligation à l’égard de l’Autorité palestinienne. Il ne se trouve contraint à aucune autre considération, restant libre de se comporter comme il l’entend dans ses décisions avec les Palestiniens.

Il suit aussi un autre objectif stratégique, avec ce plan unilatéral, à savoir laisser les Palestiniens dans l’attente et en désaccord entre eux. Il y a en Palestine un secteur qui est un bastion de l’opposition à l’AP où elle est le plus faible. Il n’y a rien que Sharon aimerait tant qu’une guerre entre Palestiniens, et son refus de leur transmettre des informations sur le retrait relève de cet souhait. Comme les divergences s’approfondissent entre l’AP et les différentes factions, ça pourrait arriver, ou peut-être pas, et que faire dans l’un et l’autre cas, les risques grandissent d’une vraie guerre civile.

Sur le plan intérieur, Sharon a adressé un message fort aux partisans de la ligne dure. Un plan unilatéral n’est pas une concession, et il n’est l’aboutissement d’aucune négociation avec ceux qu’il appelle depuis longtemps des « terroristes ». Autrement dit, Sharon dit à l’extrême droite que ce qu’il fait, il le fait seulement pour Israël, et pour les intérêts d’Israël.

Mais Sharon veut gagner sur tous les plans. Et le grand retentissement dans le monde de son acte unilatéral le lui permet. Avec le retrait, il montre à la communauté internationale, et spécialement aux Etats-Unis, que même sans « concessions » des Palestiniens - par exemple, la récupération des armes - il est toujours prêt à appliquer la Feuille de route. De cette façon, il rejette la pression internationale du côté palestinien, où elle est déjà forte par l’attention énorme des médias sur la façon dont réagiront les Palestiniens dans la prise de « contrôle » de la Bande de Gaza.

De plus, il peut sans risque faire la démonstration qu’avec son plan, il ne s’est engagé à aucune autre partie de la Feuille de route. Par conséquent, il apparaît, pour le monde extérieur, comme faisant des choix difficiles pour la paix, et, dans le même temps, et pour sa propre influence politique, comme étant le seul à agir pour l’intérêt d’Israël.

Sharon a beaucoup de raisons d’agir unilatéralement, mais certainement qu’aucune d’elles n’accorde la moindre liberté aux Palestiniens, comme l’ex-ministre des Finances le prétendait. Comme Netanyahu dans sa démission, il y a une part d’opportunisme politique qui vise à gagner la sympathie des partisans de la ligne dure en Israël.


Hisham Ahmed

professeur de sciences politiques à l’université de Birzeit.
Publié le 8 août 2005 (c) - http://www.bitterlemons.org/issue/p...
Traduction : JPP


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