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Un mari raconte le combat de sa femme au passage frontalier de Rafah

Khalil Al Assali
publié le jeudi 26 juillet 2007.

Par Khalil Al Assali, correspondant du « Gulfnews.com » : http://archive.gulfnews.com/articles/07/20/10140506.html

20 juillet 2007,

Jérusalem occupée : « S’il vous plait, détruisez le Mur et laissez-moi passer pour voir mes enfants avant de mourir. Je ne le supporte plus ! » Ce sont les derniers mots de Sana’ Shanan, (une femme de 27 ans du camp de réfugiés de Jabalya) qui est coincée au point de passage frontalier de Rafah fermé depuis près de 2 mois.

Son mari Salim (35 ans) a raconté au ‘Gulf News’ qu’il lui avait téléphoné pour vérifier son état de santé et qu’il avait entendu son désespoir. Il a répété ses paroles : « Personne ne s’intéresse à la souffrance des Palestiniens… personne ne peut vivre pendant 38 jours sous un soleil brûlant »

Elle a demandé à Dieu de l’aider elle et les nombreuses autres personnes malades que la mort menace. Salim en essayant d’étouffer ses larmes, ajoute : « Sana m’a laissé moi et nos trois enfants : le plus âgé, Jamal Salim Shalhah a 4 ans, Mohammed, 3 ans et le plus jeune n’a que 6 mois et n’arrête pas de pleurer en réclamant sa mère qui n’a pas pu lui donner son amour ».

Sana’ est tombée malade, atteinte d’une cirrhose du foie (une maladie chronique due à la dégénérescence des cellules du foie) et elle était partie se faire soigner au Caire. Son traitement ayant été couronné de succès, elle était revenue à Rafah pour renter chez elle, mais au lieu de cela, elle s’est retrouvée à attendre la mort.

Elle est l’une des 28 Palestiniens qui sont morts au point de passage de Rafah depuis sa fermeture à la suite à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

Depuis ce jour, le nombre de Palestiniens coincés au passage de Rafah et à l’aéroport d’Al Arish est monté à plus de 12 000.

Les Palestiniens sont en train de vivre une tragédie surtout étant donné qu’ils ont dépensé tout leur argent dans des motels et sont maintenant réduits à vivre dans les rues ou les jardins.

Ils ont vendu tous leurs biens personnels allant des montres aux vêtements. Plusieurs d’entre eux sont partis au Caire pour chercher de l’aide mais plus de 6 000 Palestiniens sont toujours coincés à Rafah.

La plupart sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. La situation a provoqué une dégradation des conditions de santé pour les personnes atteintes de maladies chroniques puisqu’ils n’ont plus ni médicaments ni argent.

Ils n’ont jusqu’à présent reçu aucune aide humanitaire à part 100 $ pour chaque famille du gouvernement démissionné du Hamas.

Les organisations humanitaires ont averti que la situation se détériorait rapidement et que si une solution n’est pas trouvée rapidement ou si les Palestiniens ne sont pas transférés dans la Bande de Gaza ou au Caire, alors le taux de mortalité va rapidement s’accroître.

Traduction : Ana Cléja


Khalil Al Assali

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