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9 septembre 2010
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| Partir en Palestine, agir, témoigner, rompre l'isolement : des citoyens avec le peuple palestinien |
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A Daniel Barenboim : prenez votre piano et allez-vous-en ! suivi de L’Appel des artistes Tunisiens : "GAZA est dans nos Yeux" :
As’ad AbuKhalil, The Angry Arab, 5 février 2009 . Commentaire en fin d’article(NDLR), suivi de L’Appel des Artistes Tunisiens
publié le mardi 17 février 2009.
http://angryarab.blogspot.com/2009/02/to-daniel-barenboim-take-your-piano-and.html [The New York Review of Books a publié, dans son volume 56, numéro 3, daté du 26 février 2009 le texte suivant intitulé « Ecoutez s’il vous plaît avant qu’il ne soit trop tard » :] « Par Daniel Barenboim Aux éditeurs : vos lecteurs pourraient être intéressés par cette déclaration de Daniel Barenboim et la liste de ceux qui lui ont apporté leur soutien. Dina Haidar Ilona Suschitzky Emre Ülker Paris, France Ces quarante dernières années, l’histoire a prouvé que le conflit israélo-palestinien ne pouvait être réglé par la force. Tous les efforts, tous les moyens possibles et les ressources de l’imagination et de la réflexion devraient maintenant être mobilisés afin de trouver une nouvelle voie pour aller de l’avant. Une nouvelle initiative qui apaise les craintes et les souffrances, reconnaissance l’injustice commise, et mène à la sécurité tout autant des Israéliens que des Palestiniens. Une initiative qui exige de toutes les parties une responsabilité commune : assurer aux deux peuples des droits égaux et la dignité, et assurer le droit de toute personne à transcender le passé et aspirer à un avenir. » (1) Je me suis réveillé pour découvrir une copie de cette camelote dans ma boîte de réception. Je ne peux pas dire que j’aie été surpris, parce que j’avais vu le nom de Daniel Barenboim à l’en-tête et que je n’ai jamais attendu grand-chose de lui. Je n’ai jamais aimé cet homme ni ne lui ai jamais fait confiance, et son amitié avec Edward Said ne signifie rien pour moi. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’être l’ami d’un Israélien pour combler mon humanité ou prouver mon degré de civilité. Je ne comprends pas comment Barenboim ose faire la morale au peuple palestinien, au sortir des massacres de Gaza. Cette déclaration prouve que Barenboim et chacun des signataires de cette fichue déclaration se sont déclarés eux-mêmes ennemi du peuple palestinien et de leur mouvement de résistance historique qui a débuté il y a un siècle. Voyez simplement les prémisses politiques de cette déclaration : elles impliquent fondamentalement que les deux camps sont en faute ou que tous deux ont raison, et qu’il nous faut aller de l’avant. Aller de l’avant ? A quel prix ? Et avec quel équilibre des forces ? Je n’aurais aucun problème à signer cette déclaration une fois que nous aurions défait le sionisme, libéré la Palestine et assuré le retour des réfugiés palestiniens. C’est seulement alors que je la signerais. Voyez-vous, cette déclaration est un moyen sournois (mais pas malin) de conférer une légitimité de base aux faits obtenus sur le terrain par la force – en faveur d’Israël, bien sûr. Cela revient à demander à une famille qui s’est fait envahir, battre, tirer dessus et dont la maison est depuis lors occupée par un tueur sans merci, de signer une déclaration par laquelle elle renonce une fois pour toute à la force. Et puis notez la toute première phrase : « Ces quarante dernières années ». Barenboim et ses amis sionistes (chacune des personnes qui ont signé cette déclaration et d’autres dans l’armée terroriste israélienne – ceux qui ont signé cette déclaration s’identifient fondamentalement avec les tueurs israéliens de Gaza, ne vous trompez pas là-dessus) décident tout bonnement de réécrire l’histoire du conflit arabo-israélien. Quarante ans ? Comment êtes-vous arrivé à ce nombre magique ? Sur ordre de la censure militaire israélienne ? Vous êtes en train de me dire qu’avant 1967, il n’y avait pas de conflit arabo-israélien ? Je suis né environné de ce conflit et des discussions à son propos, et je suis né en 1960. Dois-je renoncer à croire mes souvenirs ? Dois-je refuser de croire à toutes ces attaques israéliennes contre nos pays ? Dois-je me rendre auprès des réfugiés palestiniens dans des camps sordides à travers le Proche-Orient et leur dire que toutes leurs larmes et leur souffrance et leur sang d’avant 1967 étaient imaginaires et que c’est bel et bien le cas puisque le piano de Barenboim et ses amis sionistes de cette liste en ont décidé ainsi ? Ensuite, vomir ce complet mensonge que le conflit arabo-israélien ne peut être réglé par la force, c’est nier les réalités de la Terre Sainte jusqu’aujourd’hui. Israël n’a-t-il pas pris la Palestine par la force ? Israël n’a-t-il pas chassé les autochtones palestiniens par la force ? Israël n’a-t-il pas occupé le Liban, la Syrie, la Jordanie et l’Egypte par la force ? Israël n’a-t-il pas bombardé la Tunisie, l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Palestine, la Jordanie et l’Irak par la force ? Israël n’a-t-il pas atteint par la force son statut régional d’hégémoniste brutal ? Croyez-vous que les conquêtes israéliennes se sont faites par la persuasion ? Et pensez-vous que le nom de Palestine est devenu célèbre dans le monde par la paix et les veillées aux chandelles ? Non, le monde a entendu parler du peuple palestinien et de sa cause grâce à la force à laquelle les Palestiniens ont décidé de recourir dans les années 60. Notez encore que cette fichue déclaration parle d’injustice mais sans préciser qui a été injuste à l’égard de qui. Les sous-entendus sont clairs : il y a une symétrie dans la douleur et les larmes et le sang des deux côtés ; les deux côtés ont souffert d’injustices – peut-être du fait de la Nature ou par quelque force extérieure, venue d’une autre planète et qui a tué des centaines d’enfants à Gaza. Et n’est-elle pas charmante, la manière dont les sionistes de cette liste parlent de la sécurité pour les deux peuples ? Oui, le côté détenteur d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive a besoin des mêmes réassurances et garanties de sécurité que celui qui se trouve dans des camps de réfugiés, bombardés par air, mer et terre, par l’armée terroriste israélienne. Et puis ils font appel à moi pour transcender le passé ? Si c’est pas joli ? Si les réalités de terrain favorisent un camp (les tueurs, les conquérants, les usurpateurs, les colonisateurs), alors tout appel à transcender le passé n’est qu’un appel à légitimer et à accepter non seulement l’occupation mais la violence écrasante et le terrorisme qui ont été utilisés et qui continuent de l’être pour assurer la suprématie d’Israël. Je n’ai jamais compris en quoi le fait de jouer du piano ni son amitié avec Edward Said pouvait conférer à Barenboim un droit particulier à offrir des sermons au peuple palestinien. Je n’ai jamais aimé cet homme ni ses déclarations portant sur la Palestine et évité de poster ce que les gens m’envoyaient à son propos. Ce qui est particulièrement choquant dans cette déclaration particulièrement choquante, c’est qu’elle vienne dans les suites immédiates du festival de boucherie d’Israël à Gaza et ne dise pas un mot de ce qui s’est passé. Cela prouve que ceux qui l’ont signée ont décidé d’ignorer la souffrance du peuple palestinien et de soutenir la violence des occupants. Il ne faut pas s’y tromper. La bonne nouvelle, c’est que le peuple palestinien, dans les camps, n’en a rien à faire de ce que Debra Winger et autres signataires de cette liste ont à dire du problème palestinien. PS : Je suis trop en rogne pour écrire davantage ce matin mais demandez-vous seulement ceci : Netanyahou ou Kahane désapprouveraient-ils cette déclaration ? Je crois vraiment qu’ils n’élèveraient pas d’objections à son contenu. Je répondrai à cette fichue déclaration dans un long article en arabe sur Al-Akhbar. (Traduction de l’anglais : Michel Ghys) (1) Sur le site de la New York Review of Books, ce texte est suivi du nom de Daniel Barenboim ainsi que de la liste des signataires suivants : Adonis, Etel Adnan, Alaa el Aswany, Dia Azzawi, Agnès B., Ted Bafaloukos, Russell Banks, Tahar Ben Jelloun, John Berger, Berlin Philharmonic, Bernardo Bertolucci, François Bayle, Idil Biret, Christian Boltanski, Pierre Boulez, Jacques Bouveresse, Alfred Brendel, Peter Brook, Adam Brooks, Carole Bouquet, Daniel Buren, Ellen Burstyn, Huguette Caland, Jean-Claude Casadesus, Carmen Castillo, Patrice Chéreau, William Christie, Paulo Coelho, J.M. Coetzee, Roger Corman, Jean Daniel, Régis Debray, Robert Delpire, Jonathan Demme, Plácido Domingo, Umberto Eco, Elliott Erwitt, Adolfo Pérez Esquivel, Rupert Everett, Michel Faber, Carlo and Inge Feltrinelli, Ralph Fiennes, Filarmonica della Scala, Jodie Foster, Eytan Fox, Fab 5 Freddy, Bella Freud, Martine Franck, Mary Frank, Eduardo Galeano, Jean-Luc Godard, Richard Gere, Gamal Ghitany, Amos Gitai, Edouard Glissant, Jean-Paul Goude, Nadine Gordimer, Günter Grass, Jürgen Habermas, Michael Haneke, Donald Harrison, Milton Hatoum, Sheila Hicks, Bill Irwin, Steven Isserlis, Philippe Jaccottet, Elfriede Jelinek, Samih al-Kassem, Naomi Kawase, Ya¸sar Kemal, Rachid Khalidi, Edouard Al-Kharrat, Michel Khleifi, Gérard D. Khoury, Abbas Kiarostami, Stephen King, William Klein, Abdellatif Laâbi, Jacques Leibowitch, Jemia and J.M.G. Le Clézio, Stéphane Lissner, Radu Lupu, Yo-Yo Ma, Amin Maalouf, Claudio Magris, Issa Makhlouf, Florence Malraux, Henning Mankell, James McBride, John Maybury, Zubin Mehta, Waltraud Meier, Annette Messager, Duane Michaels, Anne-Marie Miéville, Marc Minkowski, Thomas Mitchell, Ariane Mnouchkine, Sarah Moon, Edgar Morin, Jacques Monory, Fernando Morais, Jeanne Moreau, Georges Moustaki, Oscar Niemeyer, Jean Nouvel, Kenzaburo Oe, Orhan Pamuk, Clare Peploe, Michel Piccoli, Maurizio Pollini, Christian de Portzamparc, Simon Rattle, Alain Resnais, Claudia Roden, Arundhati Roy, Moustapha Safouan, Walter Salles, Susan Sarandon, Fazil Say, Elif Şafak, George Semprun, Hanan Al-Shaykh, Pierre Soulages, Wole Soyinka, Ousmane Sow, Staatskapelle Berlin, Salah Stétié, Juliet Stevenson, Meryl Streep, Elia Suleiman, Peter Suschitzky, Tilda Swinton, Sam Szafran, Zeynep Tanbay, Uma Thurman, Desmond Tutu, Shirley and Charlie Watts, Abdo Wazen, Jacques Weber, Wim Wenders, Debra Winger, Daniel Wolff, Neil Young
En réponse à la pétition lancée par Daniel Barenboïm et à mon article : "Prends ton piano et tire-toi "
Par Ass’ad Abou Khalil Barenboïm est un adepte de la logique impérialiste classique selon laquelle l’homme blanc se charge, par le biais de l’occupation, d’éduquer, d’élever et de civiliser le peuple occupé. Barenboïm pourrait réunir des pianistes palestiniens et israéliens, mais seulement après la libération de la Palestine, pas pendant l’occupation ni au lendemain des massacres de Gaza. Toutes les initiatives qui se déroulent à l’ombre de l’occupation et qui ne s’opposent pas directement à cette occupation, visent directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment (peu importe), à légitimer l’occupation et à en détourner les regards, comme si le peuple occupé pouvait oublier une seule seconde qu’il est occupé. Les projets de Barenboïm se rapprochent de la conception de Anwar Sadate, pour lequel le conflit arabo-israélien résultait d’un "blocage psychologique" qu’il avait réussi à dépasser par sa visite de sinistre et misérable mémoire, sauf que le peuple égyptien a choisi de ne pas dépasser le blocage car la guerre pour lui est politique, nationale et idéologique (et, malheureusement, religieuse pour les Frères Musulmans) et non pas psychologique. Les discours sur le blocage psychologique et les concerts rassemblant les deux peuples, en ce moment précis, visent une chose : faire accepter le fait accompli et prouver l’inutilité de toute lutte pour le changement. En fait, les concerts et les danses réunissant des troupes palestinienne et israélienne cherchent à diffuser le mensonge selon lequel la douleur et l’oppression sont les mêmes des deux côtés, la preuve étant cette rencontre des intellectuels et des artistes. Cette idée n’est pas nouvelle, on a déjà eu la comparaison de la situation des réfugiés palestiniens et des "refugiés" juifs des pays arabes, et plus récemment les traumatismes de la population de Sderot aussi sinon plus graves que ceux des Gazaouis, etc. 1) Que signifie le timing de la pétition de Barenboïm ? Rappelons qu’elle est rédigée en anglais et publiée dans le New York Review of Books, revue non lue dans le monde arabe et média privilégié des sionistes de gauche, qui étaient aussi enthousiastes pour la guerre contre Gaza que les sionistes de droite. Pourquoi donc cette pétition justement après les massacres de Gaza ? Ses signataires auraient-ils vu dans l’agression contre Gaza une initiative de paix invisible à l’œil nu du commun des mortels ? Y auraient-ils pressenti une "chance pour la paix" tandis que les appels au transfert des Palestiniens de 48 et au nettoyage ethnique se multiplient ouvertement et tandis que le "camp de la paix" israélien est porté disparu, lui qui ne remplissait les rues que pour sauvegarder les intérêts d’Israël et du sionisme et jamais ceux de la Palestine ? Les signataires de cette pétition ont donc choisi de décerner à Israël une récompense pour sa guerre contre Gaza, dans le même esprit que Yasser Abed Rabbo qui a déclaré que le danger provenait du Hamas et non de l’agression israélienne. Le timing choisi par Barenboïm sert les intérêts d’Israël dans le sens qu’il protège sa réputation et qu’il enterre définitivement la résistance ; en vérité Barenboïm aimerait qu’on efface de notre mémoire les crimes d’Israël, à eux le souvenir, la mémoire et le rappel du passé, à nous l’oubli et l’enterrement de nos victimes en silence. 2) Comment Barenboïm et ses amis ont-ils réduit l’histoire du conflit à "quarante ans" seulement ? Sur quelle base Barenboïm et ses adeptes intellectuels arabes se sont-ils fondés ? Que se passait-il sur la terre de Palestine avant ces quarante ans ? Et qu’en est-il des guerres arabo-israéliennes d’avant cette période ? Avons-nous imaginé des choses ou étions-nous dans un long cauchemar dont nous ne sommes sortis qu’au moment où Daniel Barenboïm a commencé à jouer au piano dans notre région ? On croyait que les adeptes de la réconciliation avec le sionisme voulaient qu’on oublie ce que nous avait fait Israël avant la guerre de 1967, et on découvre que les signataires de l’appel Barenboïm ont décidé que le conflit a commencé en 1969 ! Sommes-nous devant une nouvelle réécriture de l’histoire de notre lutte contre Israël après qu’Arafat ait décidé à Oslo que le conflit avait commence en 1967 ? 3) Pourquoi ce texte falsificateur de l’histoire parle-t-il de "conflit israélo-palestinien" ? Peut-on connaître la raison de cette qualification réductrice ? Est-ce une tentative de faire oublier l’aspect arabe du conflit et d’effacer les méfaits, occupations et agressions israéliens hors du territoire palestinien ? Est-ce ainsi que d’un coup de crayon, ou en l’occurrence d’une touche de piano, on fait disparaitre le conflit existant entre les Arabes et Israël ? Quoi qu’il en soit, la substance de cette pétition réside bien dans la phrase "le conflit ne se résoudra pas par la force". 4) Quels sont les critères et les preuves des signataires de cette pétition ? Y a-t-il un seul argument pour étayer leurs prétentions ? Pourtant, à la lecture de l’histoire du conflit arabo-israélien sur plus d’un siècle, une seule conclusion indubitable s’impose : c’est par la seule force qu’Israël s’est incrustée (temporairement) dans notre région et c’est par la seule force qu’il a occupé les terres de Palestine et d’autres terres arabes et en contrepartie, c’est la force inverse qui seule a imposé la légitimité de la cause palestinienne dans le monde, le monde qui avait décidé (avec la connivence arabe évidente, aussi bien nassérienne, saoudienne, jordanienne que syrienne) d’ignorer le droit palestinien et de réduire la cause du peuple palestinien à un problème de "réfugiés" dans la résolution 242. Mais c’est le déclenchement de la révolution palestinienne (et ce n’était pas une révolution de bougies et de chansonnettes) qui a tué jusqu’à ce jour toute tentative de zapper le caractère essentiellement politique de la cause palestinienne. 5) La fausse égalité entre les souffrances et le droit à la sécurité des deux peuples est une manœuvre sioniste néolibérale qui ne trompe personne et qui vise à mépriser les souffrances du peuple palestinien, comment est-il possible de répéter le refrain de la propagande sioniste sur "le droit des deux peuples à vivre en sécurité" après les massacres à Gaza ? Le refrain sur la sécurité a toujours été le moyen de transformer l’agresseur (qui accumule les armes de destructions massives) en victime. 6) Mais l’aspect le plus dangereux de cette pétition est l’appel à transcender le passé pendant que le présent de l’occupation, de l’agression et de l’injustice se perpétue, cet appel est un service rendu à l’occupation israélienne. Transcender le passé ? Comment ? Les massacres de Gaza font-ils partie de ce passé qu’il faut transcender en vitesse ? Les intellectuels et les artistes signataires vont-ils nous appeler à transcender le passe après chaque agression israélienne contre un peuple ou une terre arabe ? L’un d’entre eux osera-t-il appeler à l’oubli du passé après une opération de la résistance en Israël ? Ou l’oubli du passé ne concerne-t-il que les agressions d’Israël ? L’ "oubli du passé" ne pourra être demandé qu’après la libération de la Palestine, pas avant. Dans sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, Marx parle des fleurs imaginaires qui enveloppent les chaines ; Barenboïm et les signataires de sa pétition aimeraient envelopper les chaines de l’occupation avec des airs de piano et des concerts symphoniques. De leur côté, les intellectuels de l’opposition et de la reddition essaient de faire croire à l’opinion publique arabe que la musique et l’art sont antinomiques avec la résistance. Barenboïm devrait composer une symphonie intitulée "Musique sur les cadavres des enfants de Gaza" et nous autres, les Arabes, on devrait jouer de la musique, danser, chanter, peindre et dessiner, faire l’amour et les fous, contester et résister loin de la supervision et de la bénédiction du sionisme. Le texte de la pétition : "Au cours des quarante dernières années, l’histoire a prouvé que le conflit israélo-palestinien ne pouvait pas être résolu par la force. Chaque effort, chaque moyen possible et ressource de l’imagination et de la réflexion doivent maintenant entrer en jeu pour aller de l’avant. Une nouvelle initiative qui dissipe la crainte et la souffrance, reconnaisse l’injustice faite, et conduise à la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens de la même manière. Une initiative qui demande la responsabilité commune à tous les côtés : garantir les droits et la dignité aux deux peuples, et garantir le droit de chaque personne à transcender le passé et aspirer au futur." Texte initial et liste signataires sur la New York Review of Books. Blog de As’ad Abou Khalil : Angry Arab http://angryarab.blogspot.com/ Source : Al Akhbar Traduction : Nadine Acoury NDLR : pour mieux comprendre les enjeux, et les signatures présentes sur cette "pétition", lire par exemple l’article " La Gauche et l’appui à la Résistance" , de Nadine ROSA-ROSSO (Le Grand Soir)
Ou encore
"Comment expliquer le succès du Hamas"Et aussi :"Sur le retour du ni-ni, l’islamisme et l’antisémitisme dans les manifestations."
As’ad AbuKhalil, The Angry Arab, 5 février 2009 . Commentaire en fin d’article(NDLR), suivi de L’Appel des Artistes Tunisiens
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