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2 septembre 2010
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| Partir en Palestine, agir, témoigner, rompre l'isolement : des citoyens avec le peuple palestinien |
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150ème mission - Bil’in : Basem Abou Rhame assassiné par les forces d’occupation israéliennes
publié le vendredi 17 avril 2009. Dernière mise à jour et commentaires le 29/04/07
Lors de la manifestation non violente hebdomadaire de Bil’in d’ aujourd’hui (17 avril 2009) Bassam Abu Rahme 29 ans a été assassiné par l’armée israelienne lorsqu’il a essayé de rejoindre ses terres qui se trouvent derrière le Mur de l’ Appartheid . [NDLR : Les terres appartiennent au village de Bil’in ! "15 décembre 2008 , La Haute Cour de Justice israélienne ordonne une nouvelle fois le déplacement du mur construit sur les terres de Bil’in et déclare illégal le nouveau tracé proposé par l’armée israélienne."] Le meurtre de Bassem lors de la manifestation : Cette vidéo a été retirée du libre accès de You Tube au bout de 24h. Par respect et en hommage à Bassem nous pensons qu’il est de notre responsabilité de faire connaître la violence de l’armée d’occupation et comment elle traite les manifestants non violents !! (La rédaction) Basem Abu Rahme a été touché à l’estomac par un tir de de bombe lacrymogène a haute vélocité et presque à bout portant, une nouvelle sorte de munition utilisée par l’armée israelienne.
La 150è mission CCIPPP participait à la manifestation.
Cet assassinat intervient dans un climat très tendu. En effet, hier des juifs israéliens ont tenté de pénétrer sur l’esplanade des mosquées en vue de manifester et revendiquer ce lieu ! La police a fait barrage et les a empêchés de pénétrer sur l’esplanade, mais immédiatement la nouvelle s’est répandue créant des attroupements de palestiniens. L’armée et la police ont immédiatement "bouclé" toute la vielle ville et Jérusalem est... A Naplouse, dans les écoles on a informé les enfants et les jeunes de cet incident survenu sur l’esplanade des mosquées. On sait que la deuxième intifada a été déclenchée par la provocation d’Ariel Sharon qui s’est "promené" sur l’esplanade des mosquées avec toute une troupe d’israéliens, policiers et militaires... Compte tenu des orientations affichées du nouveau gouvernement israélien, les palestiniens vivent dans un climat où la tension est monté encore d’un cran... (ndlr)
RECIT DE T.
Jeudi 16 avril Une nuit de plus a Cheikh Jarrah a Jérusalem, avec les familles Palestiniennes, qui sont à ce jour aussi proche que nos véritables familles. Hier soir nous avons fait à manger avec ma camarade de la 149eme mission et avons invité toutes les familles. C’est pour des moments comme cela que l’on voudrait arrêter le temps. Ensuite c’est l’heure de se reposer, a tour de rôle on fait la garde pour surveiller la maison en cas d’arrivée de l’armee israéliennes pour expulser notre famille de chez eux, et j’ai bien dit "notre" famille. Cette nuit, le calme plat, rien a signaler à Sheikh Jarrah. Vendredi 17 avril Donc avec mes camarades de mission on se dirige vers Ramallah, et puis Bil’in pour y manifester. Jusque là tout va bien. Une fois la prière terminée, avec les gens du village et les internationaux ont se dirige vers le mur, le mur de la honte où nous attendent une trentaine de soldats israéliens armés jusqu’aux dents. Une fois presque arrivés au mur, des jeunes ouvrent le portail, pour que nous puissions passer, car le but de la manifestation est que nous passions de l’autre côte pour être au plus près des soldats et leur manifester la situation dans laquelle vivent les palestiniens. Suite à cela, les soldats sionistes ont recu l’ordre d’ouvrir les hostillités, gaz lacrymogènes, bombes assourdissantes, balles …. Je suis très près des soldats, mais tirs obligent, je recule, tout en avalant les gaz lacrymogène et me réfugie derrière un rocher. Les soldats sionistes sont sans pitié que se soit avec les internationaux ou bien les journalistes ou les palestiniens, c’est pareil. 10 minutes plus tard, un soldats touche un palestinien au torse, le jeune palestinien est à 3 mètres de moi. Je le vois s’effondrer sur le sol, mais je n’arrive plus a respirer pour aller lui porter secours. Quelques secondes plus tard je me précipite vers lui, bien que l’armée continue a tirer. Le jeune palestinien agé de 29ans perd son sang, on appelle les secours pour l’évacuer au plus vite. En ce moment même ou j’ecris, j’ai cette image du jeune en train d’agoniser devant moi et je suis impuissant devant ça. le projectile qui a tué Bassem
Une voiture d’une personne du village arrive et l’emmène a l’hôpital, lui et une amie française qui a été touchée a la tête juste au dessus de l’oreille par un débris de bombe lacrymogène, mais elle n’a rien de grave ( plus de peur que de mal ). Mais ce n’est toujours pas fini entre l’armée israélienne et les manifestants, on essaye toujoursde se rapprocher au maximum. On n’arrivent plus a respirer, on n’y voit plus rien, la plupart des manifestant et journalistes sont accroupis par terre derrière un rocher, pour essayer de trouver de l’air frais, pendant que l’armée sioniste n’hésite pas a tirer. C’est impressionnant on croirait qui y a 2 armées qui se battent, alors que nous n’avons rien fait, nous nous sommes juste présentés en temps que manifestants comme tous les vendredis. Une demi-heure plus tard nous rentrons vers le village sous l’ordre de l’organisateur de la manifestation. Trés fatigué, très choqué, très triste, je m’avance vers le village et j’entends par le haut parleur de la mosquée que le jeune palstinien qui s’appelait Bassam est mort en route pour aller a l’hôpital. La tristesse m’envahit, je ne sait plus ou aller, je ne sait plus quoi faire, donc je m’assoie contre un mur et je pleure. La scène du jeune Bassam en train de mourir devant moi ne cesse de repasser dans mon esprit. Pour mon dernier jour de mission, sa se termine très mal. Malgré la fin de la mission on décide avec mes camarades de rester a Bil’in, pour l’enterrement du jeune martyr Bassam qui aura lieu demain samedi après la prière du midi. Toufic. Vendredi 17 avril : Après le récit de T., celui de B.,G. et P., également présents à la manifestation : 4 ans de manifestation hebdomadaire a Bil’in pour refuser le "mur de la honte", symbole de l’apartheid. 4 ans de manifestations jusque-la heureusement sans mort, malgre les violences, les tirs de grenades lacrymogenes et les balles en caoutchouc. Mais ce vendredi 17 avril 2009 a Bil’in, le drame est arrivé. La colonne de 60 a 70 manifestants s’ebranle apres la prière de 13H30 du centre du village a destination de la porte du Mur. En tête, deux personnalités du village entourées de beaucoup de jeunes villageois, des affiches tenues a bout de bras, entre autre l’une celebrant le plus vieux prisonnier palestinien ; de nombreux drapeaux palestiniens, des internationaux, quelques pacifistes israéliens. Des reporters photographes. Nous cheminons vers le Mur sur une petite route bordée d’oliviers. Paysage bucolique. Mais la promenade chaque vendredi, ici, n’est pas champêtre. La porte est située en hauteur dans l’interieur d’un virage. Belvedère pour un poste de garde couvert de filets de camouflage ou nous étions attendu : des vehicules militaires et de nombreux soldats. Tres rapidement, nous entendons des messages en hebreu ou en arabe diffuses au porte-voix, nous déconseillant certainement d’approcher. Cette porte du mur est une barrière agricole qui permet aux palestiniens de se rendre dans leurs champs de l’autre coté. Les deux personnalités en tête de la manifestation ouvrent le premier portail et s’avancent avec quelques palestiniens dans le no man’s land. Derrière le groupe de tête et encore a l’extérieur de la barrière, une dizaine de manifestants avec drapeaux. Les journalistes filment ou photographient. Beaucoup de cris en direction des militaires du Mur. De part et d’autre, des jeunes avec leurs frondes jettent des pierres. Mais tres rapidement apres l’ouverture de la barriere, peut-etre une minute, les premieres grenades lacrymogènes fusent. Les manifestants de tête reculent, les grenades les accompagnent. La fumee des "lacrimo’ tourbillonne, les courants d’air sont capricieux dans ce coin du vallon. Et soudain le drame. De la première ligne des manifestants, des cris s’elèvent. Instinctivement nous comprenons qu’il se passe quelque chose de grave. Les grenades longue distance continuent, nous contraignant a nous abriter contre un petit muret, pleurant et crachant. Une vieille Simca roule deja vers le blessé. Pas de Croissant Rouge a cette manifestation. Pour nous, instant de trève. Nous essuyons les yeux avec des serviettes d’alcool qu’on s’echange. Instant de solidarité. Des questions, l’identite du blessé, un palestinien, un international, est-ce grave ? Le blesse evacue, la tension montant chez les manifestants et particulierement chez les jeunes des premieres lignes, les tirs de "lacrimo" longue distance reprennent de plus belle. C’est encore pendant plusieurs minutes des dizaines de grenades lacrymogènes, tombant de plus en plus loin, tant sur la route que dans les champs d’oliviers de part et d’autre. Quelques tirs de balles en caoutchouc, le claquement de la percussion, le sifflement dans les branches. Une sourde angoisse. Face a un tueur invisible. Ces tirs reussissent ce pour quoi ils sont faits. Les quelques derniers groupes sporadiques de manifestants reculent. Des jeunes resistent encore avec leur fronde, arme dérisoire et heroique. Une demi-heure après, qui a pu par instant sembler longue, tout est fini. Nous remontons lentement vers le village, tournant de temps a autre la tete vers le mur. C’ est a l’entrée du bourg que nous apprenons le décès de Basem Abou Rhame. Le premier mort des manifestations contre le Mur a Bil’in. Basem Abou Rhame, 29 ans, a ete tué a bout portant par une grenade lacrymogène en pleine poitrine, dans les premieres minutes de la manifestation. Mission 150. B., G. et P.
2 coordinateurs CCIPPP et une amie, N., se trouvaient aussi à Bil’in les 17 et 18 avril : témoignages
Vendredi 17 avril Le vendredi matin, la manifestation se prépare. Nous nous retrouvons avec tous nos amis du village, nos frères de lutte. Parmi eux, le frère de Bassam qui nous prend par l’épaule chaleureusement,… tous nos frères. « Bassam, je l’ai croisé au départ de la manifestation. Il m’a crié « Honneur à la France et que Dieu protège la France ». Nous avons échangé un sourire. Et puis j’ai appris sa mort à l’hôpital de Ramallah devant lequel une partie de sa famille était réunie : des images de douleur bouleversante. » (N.) Il a été tué alors que nous nous repliions un peu vers l’arrière vers l’Imam qui fait office de secouriste pendant les manifs pour faire soigner notre amie, qui venait d’être touchée par le même type de « balle lacrymo » que celle qui a tué Bassem et blessé grièvement l’américain de Nil’in : elle a perdu pas mal de sang mais elle l’a échappé belle (5 mm plus à gauche et elle aurait été tuée, elle aussi). Après nos premiers soins, elle a été évacuée, en même temps que Bassem pour l’hôpital de Ramallah. A sa sortie, elle est restée parmi les proches de Bassem et une partie du village, devant l’hôpital puis est revenue à Bil’in ; En fin d’après-midi nous nous rendons dans la maison de sa maman avec toutes les femmes du village qui accompagnent un moment la famille dans sa douleur. Silence, recueillement et pleurs... Nous ne pouvons retenir nos larmes. Dans les rues, sur les maisons, sur les voitures, on installe des drapeaux palestiniens pour accueillir le shahid Bassam qui était aimé par tous les villageois et par tous les internationaux qui l’ont connu. Bassam, ton nom et ton portrait sont maintenant sur les murs de Bil’in, ils resteront gravés dans nos cœurs et nos pensées : nous continuerons la lutte ensemble, à Bil’in, à Nil’in, à Gaza, à Jérusalem, à Sheikh Jarrah… Samedi 18 avril 10h : Tout le village attend l’arrivée de Bassam. Les femmes et des petites filles cueillent des fleurs et préparent des couronnes en l’honneur du shahid Bassam. Elles partent en cortège et se rassemblent dans la cour de l’école a l’entrée du village. Peu a peu les hommes arrivent ainsi qu’une foule de personnes venues des villages des alentours. Nous reconnaissons des personnes déjà croisées les années précédentes, internationaux, anticolonialistes israéliens... Un banc est occupé par quelques vieillards, au dessus d’eux, côte à côte, les bannières de presque tous les partis, Fatah, Hamas, FPLP, Al Mubadara,... L unité nationale retrouvée, le temps des obsèques...
Des klaxons, des voitures pavoisées, l’ambulance qui transporte le corps de Bassam. Un cortège se forme derrière elle. Des visages fermes, d’autres pleins de colère, nous traversons tout le village jusqu’à la maison de Bassam puis vers la mosquée. Des prières dans la mosquée et en dehors, toutes religions melées, nous nous recueillons nous aussi, en pensant a ce garcon, Bassam, que nous avions côtoyé il y a plus d un an, soirée pleine de vie et de gaité avec lui, un homme d’une extrême générosité, aimé de tous...
Le corps est porte par ses amis de la mosquée vers la tombe. Nous regardons pour la dernière fois le visage de notre ami Bassam ... il restera gravé en nous à jamais Un long moment se passe, des prières pendant l’ensevelissement, puis un chant diffusé par des haut parleurs dont on nous traduit le sens : la Palestine se meurt, pays arabes, où êtes-vous ? Nous pensons à nos pays européens : eux aussi, où sont ils ? Avant de partir, nous déposons un rameau d’olivier sur la tombe de notre ami et pensons très fort a lui, a son frère, à toutes les personnes que nous allons quitter dans quelques jours. Ce sont nos frères et nos sœurs de lutte, pour un autre monde, sans murs quels qu’ils soient et ou qu’ils soient et nous savons que Bassem sera a nos côtés pour continuer ce combat. Adieu, Bassam et que la paix que tu n’as pas connue de ton vivant soit avec toi. M, A et N
Manifestation du 24 Avril
NDLR : Article des "anarchistes contre le mur"
La manifestation qui se déroule chaque vendredi à Bil’in s’est terminée dans le sang. Basem Abu Rahmeh Ibrahim (alias Phil), 30 ans, résident de Bil’in, a été tué vendredi lors d’une manifestation contre le mur, par un tir tendu le visant directement. Comme on peut le constater dans la vidéo, Basem était debout sur une colline à côté de plusieurs journalistes, à l’écart de l’essentiel de la manifestation, quand il a été touché à la poitrine par le projectile lacrymogène, sans sommation et à une distance d’environ 40 mètres des troupes placées derrière des blocs de béton de l’autre côté de la barrière de séparation. Quelques secondes avant le tir, Basem avait demandé aux soldats de ne pas tirer, en criant "Il s’agit d’une protestation non-violente, il y a des enfants et des internationaux ...". Il a été abattu avant d’avoir pu terminer la phrase. Selon des témoins oculaires, le projectile l’a atteint en pleine poitrine en y laissant un trou béant. Comme il n’y avait pas d’ambulance sur les lieux, il a été conduit dans un hôpital de Ramallah dans une voiture privée, mais il est décédé à mi-chemin, le sang inondant ses poumons. La nouvelle de sa mort fut connue dans le village, alors que le dernier des manifestants quittait le site, à côté de la barrière de séparation. Le projectile de gaz lacrymogènes en question est du même type que celui qui a grièvement blessé un américain, Tristan Anderson, lors d’une manifestation à Ni’lin le 13 Mars, après avoir été frappé à la tête d’une distance de 60 mètres. Tristan reste hospitalisé à l’hôpital de Tel Hashomer de Tel-Aviv. Basem Abu Rahmeh est bien connu et participe fréquemment depuis quatre longues années au combat contre le mur. Il est le premier résident palestinien de Bil’in, mais le 18e au total, à être tués par balles lors d’une manifestation contre le Mur de l’Apartheid. Ses funérailles ont eu lieu le samedi après-midi, après que son corps a été transporté sur un brancard de tissu depuis l’hôpital de Ramallah jusqu’à son village de Bil’in, accompagnés par des centaines de pleureuses. L’enterrement lui-même a été suivi par plus d’un millier de personnes, y compris les Palestiniens de villages voisins, ainsi que des amis activistes internationaux et israéliens. Le samedi soir, il y a eu plus de 400 manifestants dans les rues de Tel-Aviv, accusant de meurtre les soldats israéliens et appelant à la fin de l’occupation et le Mur de l’Apartheid. Les manifestants se sont rassemblés au centre de Ben-Tzion Boulevard et ont marché vers la Kirya, une zone où est situé l’état major général et différentes structures gouvernementales, y compris la principale base de l’armée israélienne et le ministère de la Défense. Les manifestants ont rendu hommage à la mémoire de Basem Abu Rahmeh et à toutes les victimes de la violence militaire israélienne, la dispersion s’est faite sans incident. traduit de "Les anarchistes contre le mur"http://awalls.org/ Traduction : http://oclibertaire.free.fr/ |