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30 juillet 2010
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Le comportement de la « sécurité palestinienne » en Cisjordanie : Saloperies ou plus ?
Nahla Chahal (Editorial dans Al Akhbar)
publié le lundi 13 juillet 2009. 03-06-09 Rien n’égale le malaise qu’on ressent quand il faut décrire et qualifier le comportement de l’Autorité palestinienne. Il ne suffit pas, pour régler l’affaire, d’enlever « national » qui occupait le milieu du nom, comme il est devenu habituel de faire. Même si la fréquence de cette omission est significative. Parce que « national » renvoyait plutôt à l’espoir de voir se concrétiser une patrie pour les Palestiniens, beaucoup plus qu’un qualificatif de l’Autorité (qui aurait souligné son patriotisme et son souci de l’unité nationale). L’Autorité, héritière de l’OLP, bénéficie d’une indulgence générale concernant tous les mauvais aspects qu’elle détient et qui étaient d’ailleurs présents dans sa matrice. Ceci ressemble-t-il à l’indulgence européenne avec Israël, sous-tendue par le sentiment de culpabilité ? La culpabilité n’est pas la prise de conscience, ni la responsabilité, elle peut être leur opposé. Car ce sentiment de culpabilité à l’égard des Palestiniens, suscité par la Nakba de 1948 (conséquence d’une impuissance arabe et d’une connivence avec les forces dominantes de l’époque), s’est accompagné d’une accusation envers les Palestiniens qui auraient « vendu leurs terres aux sionistes », exactement comme le sentiment de culpabilité européen à l’égard du crime nazi était accompagné de vieilles figures chargeant les « juifs » de tout le mal possible. Durant les quelques dernières années, ce malaise a été contourné en focalisant sur certains représentants de l’Autorité, leur incriminant tout le mal constaté : ainsi Mohammad Dahlan a été accusé, à tort, d’entrainer des forces spéciales à la répression. L’« accord de Dayton » a été beaucoup évoqué ces dernières années. Celui-ci fait un clin d’œil à la solution conclue au problème du Kosovo dans la ville des EU qui porte ce nom, mais du même coup au général Keith Dayton chargé de la mission de l’entrainement. Ce n’était donc pas « un complot de Dahlan », mais bien une décision de l’Autorité. Si bien que ledit général parle ouvertement et publiquement de sa mission : elle a débuté après de départ d’Arafat, et précisément en mars 2005. Au départ, il s’est employé à entrainer la garde républicaine, « plus sûre », puis il a constitué des unités, actuellement au nombre de 3 (500 hommes au total), qu’il planifie de porter à 10. Les noms des candidats sont soumis aux approbations successives de la CIA, du Shin Bet et des renseignements jordaniens. Leur budget actuel est de 160 millions de dollars, et leur seule mission est « de traiter avec le banditisme et le Hamas » (textuellement). Il est le directeur du team : USSC, ce qui est le diminutif de « United States Security Coordination » qui comporte également des officiers Britanniques et un Turc, mais que Dayton qualifie d’« effort international ». Le 10 mai 2009, il a parlé devant le Washington Institute for Near East Policy, le think tank du lobby sioniste aux EU, et a annoncé le renouvellement de son contrat pour deux ans, le général n’étant pas tributaire des changements dans l’administration, du départ de Bush et de la venue d’Obama. Il est la preuve personnifiée que les EU ne sont quand même pas une république bananière !! « Ses nouveaux hommes » comme il les appelle, sont de plus en plus visibles sur la scène de la Cisjordanie. Il y a deux jours, à Qalqilia, ils ont assassiné des hommes appartenant à une cellule du Hamas. Durant les derniers mois, ils ont été vus prenant la suite des unités israéliennes dans des attaques à Naplouse et ses camps de réfugiés. Le général est fier de son exploit : durant les trois semaines des « opérations » sur Gaza, la Cisjordanie est restée calme, ses hommes ont permis des manifestations pacifiques de protestation, bien encadrées, mais interdit qu’elles montrent de la sympathie pour le Hamas. Ses hommes reçoivent des salaires spéciaux (on parle de 2000$ mensuels). Ses hommes ne sont pas infiltrés par le Hamas… Sur les collines qui entourent Ramallah, embourgeoisée et occidentalisée, comme si elle n’appartenait pas à l’endroit, se dressent des habitations luxueuses, propriétés des dirigeants de l’Autorité et de ceux qui les fréquentent. Si hautaines qu’elles ressemblent aux colonies. Cette remarque date de plusieurs années, elle avait été reportée par les Européens qui vont là-bas en solidarité. Chuchotée avec gène, elle les rendait perplexes, incapables de l’interpréter. Ils avaient entendu beaucoup de « rumeurs » concernant le business florissant entre les VIP Palestiniens et Israël. Les racontars avaient même inclus les colonies dans ce business : non pas les pauvres travailleurs Palestiniens qui s’y emploient comme porteurs ou maçons, comme par ailleurs pour la construction du mur et des routes de contournement, mais leurs employeurs, et les fournisseurs de matières premières jusqu’à la fin de la chaine ! Cette tendance à la collaboration dans les affaires se renforce. Son sens est complété par la réponse populaire à la question du sort des aides allouées à l’Autorité : 30% pour la sécurité, 10% pour les salaires et le reste… Sur un autre front, M. Abbas négocie l’étape actuelle du « processus de paix ». Il la définit comme étant le gel de la colonisation. Il pourra obtenir en prime le démantèlement des colonies « sauvages ». En contrepartie il doit passer sous silence la stabilité des colonies, la judaïsation de Jérusalem, l’oppression et les menaces d’expulsion des Palestiniens de 48, et la question des réfugiés. Ainsi se recoupent le politique, l’économique, le social et le sécuritaire, comme toujours et partout. Et ce recoupement produit un phénomène douloureux, perçu par tous ceux qui se rendent en Cisjordanie : le désespoir le plus total ! Cette énumération permet de parler d’une catégorie au pouvoir qui vit sur l’opération politique transformée en ‘processus’ éternisé. Israël en est le partenaire qui parle de « négociations pour les négociations », sans plus de précautions ou de camouflages. Dans ce cas, l’attentat de Qalqilia, perpétré par les « nouveaux hommes » que Mister Dayton a entrainés est plus qu’un acte salaud : c’est une stratégie ! Nahla Chahal (Editorial dans Al Akhbar)
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