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5 septembre 2010
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| Partir en Palestine, agir, témoigner, rompre l'isolement : des citoyens avec le peuple palestinien |
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Villages bédouins rasés dans le Neguev : "The State of Israel vs. Citizens of Israel"
Dossier : reportages sur les destructions de 2 villages, vidéo, actions de résistance et appel à soutien, analyses
publié le vendredi 30 juillet 2010. Lire aussi : Le « Camp d’été de destruction » : Des lycéens israéliens aident à raser une ville bédouine Nouvelles de Palestine occupée - Vallée du JourdainLauraBonjour à tous, Je vous écris aujourd’hui depuis la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée. Hier matin, 10 familles du village de Bardala, au nord de la Vallée, ont reçu des ordres d’évacuation de l’Administration israélienne. Ceci parce qu’elles vivent dans des baraques en taule en Zone C. La Zone C est, selon les accords d’Oslo, sous contrôle israélien. Ces familles sont issues de communautés bédouines mais ne peuvent plus être nomades puisqu’Israël les empêchent de se déplacer. Forcées de se sédentarisées, elles se sont installées en bordure du village de Bardala. Ce village se trouve en zone B. Zone qui est surpeuplée et qui ne peut par conséquent pas accueillir de bergers avec leurs troupeaux. C’est pour cette raison que ces familles se trouvent à la lisère du village, ainsi que pour avoir un accès à l’eau et à d’autres services. Je suis allée visitée l’une de ces familles. Elle possède 300 moutons et l’ordre d’évacuation stipule que si la famille ne quitte pas les lieux d’elle-même l’armée détruira la maison et confisquera les bêtes. En prime, la famille devra payer les frais relatifs à cette confiscation (frais de transports des bêtes, nourriture, etc). La nuit dernière j’ai dormi dans une famille près du village d’Ein Beida, également au nord de la Cisjordanie. Cette famille réside aussi illégalement en zone C. Elle vit sur les terres d’un village qui a été rasé par l’occupant en 1967. Ce village comprenait alors plus d’une vingtaine de maisons. Aujourd’hui, Jordan Valley Solidarity utilise une partie de cette terre pour y fabriquer des briques en terre et en paille. Ces briques servent à reconstruire des maisons détruites par l’occupant israélien dans la vallée du Jourdain. Au levé du soleil toute la famille s’est levée pour s’occuper des bêtes, traire les vaches, faire le pain et le fromage. J’ai ainsi pu apprendre les rudiments de confection de la base de l’alimentation rurale des Palestiniens. Me trouvant entourée d’un paysage idyllique et occupée à apprendre le savoir-faire des bédouines, j’en oubliais presque l’occupation ! Le téléphone sonna vers 7 h 30. L’armée venait d’arriver à Farsiya et à Ghazal, deux villages voisins. L’armée, la police et les bulldozers. Une heure après, plus de 50 maisons, granges et abris en taule étaient détruits. 22 familles se retrouvent sans leurs seules ressources : l’agriculture et leur bétail.
L’armée n’a laissé approcher personne. Tous les agriculteur des environs venus soutenir les victimes se sont vu interdire de s’approcher à moins de 100 m de la scène et de prendre des photos. Les soldats sont bien briffés : ces Palestiniens se sont installés sur une « zone militaire fermée ». Et non l’inverse ! Pas moyen de discuter, « il n’y avait personne sur ces terres avant la création de l’État d’Israël »... Que répondre au plus vieil argument sioniste, quand votre interlocuteur n’a pas envie de discuter et qu’il est armé jusqu’aux dents ?
Diffusé par l’auteure le 20 juillet 2010 L’armée israélienne rase un village de la vallée du JourdainEcrit par PNN 21/07/2010 Le village palestinien de Farasiya, dans la Vallée du Jourdain a été détruit lundi 19 au matin par l’Administration Civile israélienne, après que ses habitants aient reçu un ordre d’évacuation. 55 structures-tentes, cabanes, huttes de plastique et de paille, fours en terre, enclos à moutons- ont été rasées par l’Administration Civile, l’organe israélien chargé des questions civiles en Cisjordanie, rattaché au ministère de la Défense. Elles hébergeaient 120 fermiers, ouvriers saisonniers et à leurs familles qui y vivaient. Les bergers nomades de Farasiya vivaient de l’agriculture et de l’élevage sur des terres appartenant à des habitants de la proche ville de Tubas, certains d’entre eux depuis des décennies. Ces terres appartenant à des Palestiniens étaient louées avec tous les documents requis. Depuis 1967, Israël maintient son contrôle sur la Vallée du Jourdain en déclarant zones militaires de larges portions de cette partie de la Cisjordanie, empêchant la croissance des communautés palestiniennes. Il y a un an, l’armée israélienne a posé des centaines de panneaux d’avertissements près des communautés agricoles palestiniennes, dont Farasiya. Quelques années plus tôt, l’armée israélienne a détruit le tuyau par lequel la communauté s’approvisionnait en eau, tout en lui interdisant l’accès aux puits à construits par la compagnie d’eau Mekorot, destinés aux proches colonies. Depuis, les familles qui n’avaient pas quitté les lieux pompaient l’eau pour leurs champs et leurs troupeaux depuis une source d’eau salée, impropre à la consommation humaine, selon le coordinateur des comités populaires de la Vallée, Fathi Hadirat . Elles se faisaient livrer de l’eau pour la consommation par camions. L’armée a ensuite confisqué leurs pompes. Le 27 juin, 10 familles vivant dans des tentes ont reçu un ordre d’évacuation de l’Administration Civile, affirmant qu’elles vivaient dans une zone de tirs. Dimanche 18 juillet, 10 familles de Bardala, un village au nord de Farasiya, ont également reçu des ordres d’évacuation. Abd al-Rahman Basharat, berger dans un proche village, fait part des peurs des bergers de la Vallée du Jourdain. « Prendre nos terres est la même chose que prendre nos vies », affirme-t-il. Dans une vidéo enregistrée en 2001 diffusée récemment, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou dévoile sa tactique visant à assimiler la Vallée du Jourdain dans le territoire israélien : la déclarer zone militaire. Ces déclarations ainsi que l’insistance des autorités israéliennes à détruire les demeures, les réserves d’eau et les fours des bergers de la Vallée du Jourdain mettent profondément en doute la bonne volonté du gouvernement israélien dans le processus de paix. http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4977 Un village bédouin rasé par IsraëlEcrit par Caropot 28/07/2010 Ce mardi, Israël a rasé un autre village bédouin dans le Néguev. Malgré ses 45 habitations et ses 300 occupants, le village n’était pas reconnu par l’Etat hébreux. Les habitants d’ Al-Arakib ont bénéficié du soutien de nombreux activistes israéliens de gauche pendant la manifestation qui visait à dénoncer cette démolition. Ils ont même allumé des feux pour repousser l’arrivée des bulldozers. Armés de mégaphones, les 1 300 policiers présents sur le site ont tenté de disperser la foule en lançant des slogans offensifs. L’ordre d’évacuation avait été donné le 15 juin dernier. Même si la sonnette d’alarme avait été tirée, les habitants ne pensaient pas que le gouvernement israélien passerait à l’acte. Et pourtant, ce mardi (27 juillet) à 5h30 du matin, cinq bulldozers et des brigades de police ont fait irruption dans le village. Ils ont tout d’abord détruit les groupes électrogènes avant d’évacuer les résidents et de s’attaquer aux habitations, sans leur laisser le temps de réunir leurs biens. Face à la violence de l’action, les troupeaux se sont dispersés. Shlomo Tziser, un des responsables du projet de démolition, n’a affiché aucune empathie face aux dommages causés à ces habitants. Il a précisé que tous possédaient des maisons dans des villes comme Rahat et Kfar Kassem. Certains israéliens ont, eux, haussé la voix, comme cet activiste de gauche Ezra Nawi : « C’est une injustice historique qui a lieu aujourd’hui. Les personnes qui vivaient ici reconnaissent l’Etat d’Israel et elles sont aujourd’hui rejetées par ce même gouvernement qui vient les priver d’un des droits les plus fondamentaux, celui de bénéficier d’un toît. Ces gens vont devoir maintenant vivre dans le désert sans le moindre abri. » Selon Noach, un autre activiste israélien, certains vont même devoir élire résidence dans un cimetière avant de recevoir une quelconque aide . http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4992 La destruction de l’ un des villages bédouins : videosource : http://anniebannie.net/ Les villageois reconstruisent leur village raséNakab - 29-07-2010 Par Alternative Information Center Un jour après que les autorités israéliennes aient rasé le village bédouin d’Al’Araqib, les habitants du village, rejoints par des activistes palestiniens, israéliens et internationaux ont reconstruit le village. « Nous avons réussi à remonter toutes les structures et les tentes détruites, notait le docteur Awad Abu Freih, porte-parole du village et membre du Comité populaire Al-Araqib et du Forum d’Education arabe dans le Néguev, dans une conversation avec AIC. Le docteur Abu Freih indiquait que les habitants d’Al-Araqib « envisagent de construire plus que ce qui a été détruit, pour empêcher d’autres démolitions. »
Plus de 300 bédouins, dont une majorité d’enfants, ont été expulsés de force de leur village mardi matin 27 juillet, et ont dû observer la police israélienne détruire leurs maisons et leurs biens. L’attaque a commencé vers 4h30 du matin, et les habitants se sont réveillés encerclés par une masse de policiers armés de fusils, de grenades incapacitantes, de casques et de boucliers, dont des centaines de policiers anti-émeute et la police montée, des hélicoptères et des bulldozers. Bien que non reconnu par Israël, le village d’Al-Araqib existe depuis bien avant la création d’Israël en 1948. Les bédouins ont été expulsés par l’Etat d’Israël nouvellement créé en 1951, mais ils sont revenus sur leur terre sur laquelle ils vivent et qu’ils cultivent. La propriété de la terre fait maintenant l’objet de poursuites devant le tribunal de district de Be’er Sheva. Le docteur Abu Freih appelle tous les internationaux à aider les bédouins d’Al-Araqib dans leur lutte de survie dans leur village. Il déclare qu’ils ont actuellement besoin de « tout », d’argent jusqu’à des visites pour attirer l’attention des médias. Il encourage tous ceux qui sont intéressés à parler aux villageois et à passer un jour ou une nuit avec eux. Le docteur Yeela Raanan, du Conseil Régional des Villages non reconnus (Regional Council for the Unrecognized Villages) demande instamment que soit entrepris un travail de collecte de fonds pour recueillir l’argent qui sera nécessaire pour reconstruire les maisons détruites et re-cultiver la terre dévastée. Le Docteur Raanan souligne que les habitants ont aussi besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls dans cette bataille, expliquant que plus les gens leur exprimeront leur soutien, plus de force ils auront pour rester fermes dans leur résistance. Le docteur Raanan note que la seule solution juste à cette question est de permettre simplement aux habitants de rester sur leurs propriétés, leur garantir le droit à leur terre et l’accès à leurs ressources. Elle exhorte les Européens et les Américains en particulier à exiger que leurs gouvernements reconnaissent le problème de la démolition des villages non reconnus et fassent pression sur Israël pour permettre au peuple indigène d’accéder à sa terre. Une cérémonie de prières ouverte à tous aura lieu ce vendredi 30 juillet, à 11h, dans le village d’Al-Araqib.
Le docteur Awad Abu Freih a conclu la conversation avec AIC en disant : « Nous voulons que notre voix soit entendue dans le monde entier. »
Source : Alternative Information Center Traduction : MR pour ISM http://ism-france.org/news/article.php?id=14189&type=temoignage&lesujet=Actions TPO : Les Bédouins de Cisjordanie dans une situation pire que celle des GazaouisPhotos : Phoebe Greenwood/IRIN AL HADIDIYA, CISJORDANIE, 29 juillet 2010 (IRIN)
Les rochers sont arrivés il y a six mois et ont été placés à l’entrée des villages palestiniens, indiquant que des pans entiers de la vallée du Jourdain étaient devenus des zones militaires fermées revendiquées par l’armée israélienne. Ils signalent une forme de pression supplémentaire sur les communautés bédouines de la région. Abdul Rahim Bsharat, un berger de 59 ans, et sa famille habitent et cultivent la terre à al-Hadidiya depuis les années 1960. A cette époque, a-t-il dit, il y avait entre 400 et 500 familles ici. Aujourd’hui il en reste 17, qui n’ont accès ni à l’eau ni à l’électricité. Chaque bâtiment dans le village affiche un ordre de démolition israélien. Le 21 juin, les soldats israéliens ont prévenu M. Bsharat que sa maison et les abris pour ses animaux pouvaient être détruits à tout moment. La dernière fois que la maison de M. Bsharat a été démolie en 2002, sa citerne d’eau lui avait aussi été confisquée. « S’ils détruisent à nouveau ma propriété, je reviendrai et je reconstruirai. Ici, c’est ma terre, » a-t-il dit à IRIN. La maison de M. Bsharat est une sorte d’auvent fait de sacs cousus ensemble et posés sur des poteaux au-dessus du sol nu. Elle est facile à reconstruire. Ce sont les autres problèmes qui sont plus difficiles à résoudre. Al-Hadidiya se trouve dans une partie de la Cisjordanie entièrement contrôlée par les Israéliens, connue sous le nom de Zone C. On estime que 40 000 Palestiniens y habitent. Dépendants d’un système de permis israélien très strict, ceux-ci n’ont pas le droit de construire ni de réparer les maisons, les écoles, les hôpitaux ou les réseaux d’assainissement, a dit le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Dans une région où presque toutes les familles sont éleveurs, les restrictions imposées aux Palestiniens par Israël pour accéder aux terres agricoles et les développer signifient que des milliers de personnes souffrent de la faim, selon les agences humanitaires. Une étude publiée récemment par Save the Children UK et intitulée Life on the Edge, révèle que de nombreuses parties de la zone C sont plongées dans une crise humanitaire plus sévère encore que celle de Gaza.
Al-Hadidiya est entouré de trois communes israéliennes en pleine expansion, Ro’i, Beka’ot et Hemdat. Les terres du village touchent directement celles de Ro’i et la communauté ramasse dans des boîtes rouillées le trop-plein des pompes à eau qui irriguent les champs des colons. Malgré une requête de longue date de M. Bsharat, les autorités israéliennes n’ont pas donné à al-Hadidiya la permission de se connecter à la canalisation d’eau principale. Le village n’a pas de centre médical et n’a pas le permis nécessaire pour en construire un. L’hôpital le plus proche est à plusieurs heures de route, à Jéricho. A cause des barrages et des postes de contrôle israéliens, arriver jusqu’à un médecin peut prendre des heures. En 2002, le fils de M. Bsharat, qui avait alors deux ans et demi, a été hospitalisé pendant 16 jours quand un rhume banal s’est transformé en pneumonie. La même année, son fils de huit ans fut gravement blessé en tombant d’un tracteur. Il a fallu six heures avant qu’une voiture puisse parvenir à al-Hadadiya pour l’emmener à l’hôpital. L’enfant est mort d’avoir perdu trop de sang. Dans le passé, Israël a été la cible d’attentats-suicides mortels venant de Cisjordanie. Pour Israël, les règles sévères imposées aux mouvements des Palestiniens par les postes de contrôle et les barrages sur les routes sont nécessaires à sa sécurité. Selon l’armée israélienne, les maisons d’al Hadidiya et celles d’une grande partie de la vallée du Jourdain doivent être démolies parce qu’elles ont été construites illégalement, sans permis de construire israélien, ou parce qu’elles sont situées dans des « zones militaires fermées ». Environ 18 pour cent de la Cisjordanie sont aujourd’hui une zone militaire fermée.
L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a découvert que, dans les communautés bédouines comme celles d’al-Hadidiya, les taux de retard de croissance sont au moins deux fois plus élevés qu’à Gaza. Près de la moitié des enfants souffrent de diarrhée, l’une des principales causes de décès des enfants de moins de cinq ans dans le monde ; trois-quarts des familles ne disposent pas d’une alimentation suffisamment nutritive. Save the Children travaille avec une ONG locale, l’Union of Agricultural Work Committees (UAWC, une ONG de soutien aux activités paysannes) pour aider les familles d’al-Hadidiya à réparer les bâtiments et les terres endommagées, dans la mesure du possible. Mais la sévérité des restrictions concernant la construction et le droit d’accès signifient que l’Autorité palestinienne et les agences humanitaires sont limitées dans l’assistance qu’elles peuvent offrir aux familles partout dans la zone C. « Dans les dernières semaines, la communauté internationale s’est à juste titre concentrée sur les souffrances des familles de Gaza, mais la détresse des enfants de la Zone C ne doit pas être oubliée. Le niveau de malnutrition et de pauvreté dont sont victimes beaucoup de familles, en particulier dans les communautés de Bédouins et de bergers, est nettement plus élevé, » a dit Salam Kanaan, coordinateur de Save the Children UK. « Il est maintenant urgent de prendre des mesures pour s’assurer que les enfants d’ici aient un foyer sûr et de vraies salles de classe, suffisamment de nourriture à manger et d’eau potable à boire ». http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=90006 Etat d’Israël contre Citoyens d’IsraëlGadi AlgasiTraduction JPB http://www.tarabut.info/en/articles/article/al-arakib-demolished/ NDLR : l’article d’origine en anglais (avec photos), à la suite de cette traduction Un épisode de la guerre d’usure contre les Bédouins Aujourd’hui, un village entier a été détruit en Israël ; un village bédouin non reconnu : al-Arakib au nord du Néguev, à quelques kilomètres au nord de Beersheba, près de la route 40. Des centaines de policiers et de membres des unités de Patrouille Spéciale, des bulldozers et des personnels de sécurité ont participé à l’opération. Trente militants de gauche de différentes régions du pays ont parvenu au site au dernier moment, en signe de solidarité avec les habitants et pour protester contre la destruction. Mais contre des forces si supérieures et si dissuasives, il n’y avait guère de chances. La police a créé une zone tampon entre les Bédouins et leurs maisons ; elle formait un mur humain entre les militants et habitants et les maisons — tout en arrêtant plusieurs militants. Les femmes et les enfants ont été expulsés de leur maison. Et puis devant les yeux des gens d’al-Arakib, les bulldozers ont détruit leurs maisons et leurs champs. Rien ne ressemble à la démolition d’une maison. Nous savons : privations et discriminations, négligence et privatisations n’existent pas qu’en Israël. Même dans les pays auxquels les politiciens israéliens rêvent souvent d’appartenir, les ‘États blancs et bien ordonnés’ — il y a racisme, discriminations et privations. Mais tous les Etats ne mènent pas la guerre contre leurs propres citoyens jusqu’à démolir leurs maisons. Quand les autorités mobilisent des centaines d’agents de sécurité, les unités des Patrouilles Spéciales et la police pour une opération devant débuter à l’aube, quand vous amenez des bulldozers pour détruire les maisons de civils ; quand vous déclarez qu’ils sont un ennemi potentiel et agissez préventivement pour empêcher un risque imaginaire par la destruction et la violence, c’est la guerre. Guerre moderne bien sûr : guerre dont l’arsenal n’inclut pas seulement des tanks, mais des bulldozers ; pas seulement des avions, mais des permis de construire et des décisions des comités d’aménagement du territoire. Et le gouvernement d’Israël, au nom de l’État, mène une guerre continue contre ses citoyens discriminés, contre les pauvres et les désavantagés. Ce gouvernement ne néglige pas seulement ces citoyens, il dépossède, menace et détruit. Souvenons-nous : ce sont les gens d’al-Arakib qui dans le passé, ont vu leurs champs arrosés de pesticides par avion, leur santé affectée et leurs champs détruits. À la Knesset, ceux qui défendaient ses actions ont discuté de la dose exacte de pesticide à utiliser. Les gens souffraient-ils réellement de migraines et d’effets secondaires comme ils le prétendaient ? Était-il possible d’utiliser une dose plus raisonnable ? Il fallut plusieurs années avant que la Cour Suprême déclare finalement que l’épandage aérien de ces champs était un acte clairement illégal. L’ennemi intérieur Alors pourquoi apporter cette destruction sur les gens d’al-Arakib ? La veille même des démolitions, les récentes remarques du premier ministre Benjamin Netanyahou concernant le projet de Loi de Loyauté ont été publiées. Netanyahu a indiqué clairement sa position : « Nous sommes un État-nation, ceci veut dire que la souveraineté absolue du pays est réservée au peuple juif […] Aujourd’hui, une campagne internationale est menée contre la définition d’Israël comme État juif. Je ne peux pas laisser les choses en l’état [sans un serment de loyauté révisé, GA], parce que nous sommes attaqués sur cette question. Le sens de ces attaques est que divers éléments sont susceptibles de demander leurs propres droits nationaux et les droits d’un État dans l’État d’Israël — au Néguev par exemple, s’il devient une région sans majorité juive. Ceci s’est produit dans les Balkans et constitue une réelle menace » (Souligné par moi ; la déclaration de Netanyahou était dans l’édition hébreu d’Haaretz (26/7/2010) mais pas dans celle en anglais). Les mots sont clairs : l’État appartient aux Juifs, pas à tous ses citoyens. La pleine égalité civile de ses citoyens — individuelle et collective — constitue une menace. D’où l’effet miroir : une agression imaginaire (« attaqués », « réelle menace ») justifie une agression réelle. Les Bédouins du Néguev sont transformés en « réelle menace », parce que quelque chose pourrait s’y produire ; Netanyahou ne dit pas quoi mais il se réfère aux Balkans. Il y a eu plusieurs cas de nettoyage ethnique dans les Balkans. Les partisans du nettoyage ethnique expliquent souvent qu’ils ne font que se défendre d’un groupe minoritaire, dont la simple existence est une menace à leurs yeux. De quoi sont accusés les Bédouins ? Comment leur simple existence est-elle devenue une « réelle menace » ? Le Néguev, dit Netanyahou, pourrait devenir une « région sans majorité juive ». Quelle bonne blague ! vous pouvez aller d’une région à l’autre dans le pays et découvrir que dans une zone particulière en Israël il n’y a pas de majorité juive, par exemple entre Kafr Qara’ et Umm al-Fahem, ou entre Sakhnin and ‘Arabe. Et alors, ne faut-il pas faire quelque chose contre cette menace ? Oui bien sûr, et on le fait ! Pensez au projet d’établir la ville d’Harish dans le Wadi ‘Ara, pas pour résoudre la crise du logement que subissent les habitants actuels de la zone, ni dans le cadre de plans de développement bénéficiant à tous les habitants de la région, mais plutôt comme une tentative d’utiliser la crise du logement des ultra-orthodoxes comme une arme contre les habitants Arabes [Palestiniens] de la région — tout en empêchant en même temps les citoyens Arabes de se développer et d’étendre leurs propres communautés. Juste comme les colonies établies dans le nord pour encercler et diviser, pour combattre la « menace » des communautés arabes en Galilée. C’est une guerre permanente, une guerre d’usure contre une partie des citoyens du pays, une guerre dont l’arsenal inclut les interdictions de construction et des ordres de démolitions et dont les soldats sont les inspecteurs des bâtiments et la Patrouille Verte. Et alors que tout cela a lieu, on demande aux citoyens Arabes de faire leur service national et de prouver leur loyauté à un État qui n’est pas loyal envers eux. Il y a à peine quelques semaines, près du croisement Shoket dans le Néguev, dans un contexte de démolitions quotidiennes de maisons, un club de soldats Bédouins a été démoli. Alors, quel est le message ? Clairement : aucun service, militaire ou civil, ne garantira l’égalité des droits. Le Druze de Galilée [qui fait son service militaire] ne bénéficie pas vraiment de l’égalité, n’est-ce pas ? Évacuer, déplacer, expulser, construire, évacuer. Alors pourquoi faut-il évacuer les gens d’al-Arakib ? Pourquoi sont-ils chassés ? Les habitants d’al-Arakib ne sont pas des ‘envahisseurs’ sur les terres d’État. Leur village existe depuis avant la fondation de l’État. Comme des milliers d’autres Bédouins Arabes du Néguev, ils ont été expulsés, évacués, déplacés ‘temporairement’, avec ou sans promesse d’être autorisés à revenir, pour une semaine ou pour six mois, mais en fait pour de bon — et puis leurs terres ont été confisquées. Le Néguev est plein de communautés bédouines évacuées et transférées vers différents emplacements. C’est facile pour l’État de croire que les Bédouins sont sans terre, que ce sont des simples nomades sans droits. C’est une fiction commode que l’Etat peut réciter pour justifier leur transfert forcé de lieu en lieu. En vérité, c’est l’État qui a retransformé les Bédouins en ce que Hana Hamdan a appelé un ‘nomadisme forcé’. On dit aux gens que l’État essaye de sédentariser les Bédouins, de les ‘moderniser’. En réalité, c’est l’État qui s’active à les nomadiser à nouveau, en sabotant leur emprise sur leurs terres. Dans les villes où l’État essaie de les clôturer, tout en ignorant leur mode de vie, leurs traditions, leur culture, leurs droits — là, les Bédouins ne seront plus liés à la terre. Ils deviendront une source de travail bon marché. Les Bédouins peuvent être transférés de place en place pour des raisons de sécurité nationale, comme au début des années 1950, puis être à nouveau transférés et pour des raisons de paix, comme à la fin des années 1970, après le traité de paix d’Israël avec l’Égypte, pour que de nouvelles bases de l’armée soient construites dans le Néguev. Ils peuvent être évacués pour des raisons d’environnement, parce qu’ils se sont établis sur des « espaces ouverts » — et puis les mêmes milliers d’hectares peuvent être alloués à des ‘ranchers individuels’, des ranchers juifs bien sûr, qui ‘garderont les terres nationales’, en s’établissant sur ces mêmes ‘espaces ouverts’. En réalité, sans même que le public l’ait remarqué, le 17 juillet, la Knesset a passé une des plus importantes pièces de la législation récente : une loi qui légalise rétroactivement des saisies massives de terres et de ressources, et des colonies non autorisées clairement illégales ; une loi qui alloue la terre à des intrus — mais des intrus positifs, les « aventuriers » Juifs qui ont établi des ranchs individuels pour eux-mêmes dans le Néguev. Qui sont les intrus ? Pour le bénéfice de qui il faut y évacuer les habitants d’al-Arakib ? Pour planter des forêts par le Fonds National Juif (KKL/FNJ, ndt). Rien de moins. Évacuer des gens pour des arbres — les arbres, comme le Fonds National Juif a dû l’admettre, sont plantés sans plan directeur et sans raison environnementale ou agricole. Ce ne sont pas des arbres bénéfiques, mais plutôt des arbres intrus. Des arbres conçus pour assurer le contrôle. On peut voir ce genre d’arbre ailleurs. On voit de tels arbres près des colonies en Cisjordanie, des centaines et des centaines de pousses, parfois simplement plantés dans leur pot, pour assurer l’emprise sur des champs où les agriculteurs Palestiniens sont interdits d’entrer. Si vous visitez ‘Ajami (à Jaffa) ou Kfar Shalem (à Tel-Aviv sud), vous verrez de tels bois décoratifs, des bois plantés pour assurer le contrôle, hectare après hectare, pour assurer les droits des requins de l’immobilier ou simplement limiter l’emploi de la terre par les habitants locaux. Et autour d’al-Arakib, vous pouvez vraiment voir des centaines et des centaines de tels arbres : des collines nues, sans herbe, sur lesquels se tiennent droits, comme des soldats en formation, des centaines d’arbres conçus pour empêcher les gens d’al-Arakib de travailler leurs terres. Ces arbres sont une barrière, une barrière vivante. Al-Arakib n’est pas un cas unique : deux autres villages non reconnus du Néguev nord, Um-Hiran and ‘Atir, où les habitants vivent depuis plus de 50 ans (ils y ont été transférés depuis leur emplacement précédent par ordre des Autorités de la Loi Martiale), sont supposés disparaître pour que leur place soit prise par une forêt — la forêt Hiran. Aujourd’hui, il faut un regard perçant pour y voir une forêt, parce qu’il y a aucun arbre. La forêt est un projet, et les habitants actuels sur les lieux sont un simple obstacle à sa réalisation. Mais cachée derrière la forêt virtuelle il y a une communauté virtuelle, une nouvelle communauté, pour Juifs seulement — Hiran. C’est ainsi qu’on rend le Néguev juif. Les nouveaux plans de développement du Néguev sont des plans de dépossession. Les Arabes Bédouins furent submergés par une l’immense vague de dépossession au début des années 50, ils ont à nouveau payé le prix du traité de paix avec l’Égypte, et ont été expulsé par force du peu qui leur restait, des lieux où dans certains cas ils avaient été transférés par les Autorités de la Loi Martiale, vers d’autres emplacements souvent non viables. Et maintenant nous sommes face à la prochaine grande vague. Il est important de noter que cette vague brutale, qui détruit toute possibilité de développement régional alternatif bénéficiant à tous les habitants du Néguev, dans l’intérêt de judaïser la région — vient d’une collaboration bien planifiée entre le capital privé et les entreprises avec l’État. Les plans futurs pour le Néguev (Blueprint Negev) ont été préparés par une firme de consultants américaine, McKinsey & Company (la première firme de consultants privés dont les services aient été utilisés par l’armée israélienne) ; l’initiative a été menée par le Fonds National Juif des USA (JNF-USA). C’est un énorme partenariat entre l’État d’Israël et du capital privé étranger. Et pourtant, c’est eux qui osent exiger une loyauté, quand leur propre loyauté va pour des intérêts étrangers ! Est-il vraiment surprenant d’apprendre que Shimon Peres a mis en avant le plan avec tant d’enthousiasme ? On ne peut pas oublier l’autre partenaire : le projet est le ‘bébé’ du milliardaire de droite, président du FNJ-USA, Ron Lauder [fils d’Estée Lauder, et président du très sioniste Congrès Juif Mondial, ndt]. Et les nouveaux plans de colonisation sont développés par le FNJ en conjonction avec "Or – National Missions”, dans le but de judaïser le Néguev et la Galilée. Ceux qui ont assisté aujourd’hui à l’évacuation d’al Arakib peuvent facilement conclure par erreur et croire que les citoyens Bédouins d’Israël ne s’élèvent que contre les forces de sécurité. Ce n’est pas le cas. Ils s’élèvent pour leurs droits élémentaires. Mais ils font face à une coalition puissante qui travaille contre eux, composée à la fois des autorités de l’État et d’acteurs non étatiques — le FNJ et les forces de sécurité, les entreprises privées et les colons. Et nous devons nous tenir ensemble avec eux. Derrière tout cela se cache une prémisse de base qui traverse tous les aspects de notre vie ici : on résout les problèmes par la dépossession et l’expulsion, en amenant des ‘populations fortes’ à la place de ‘populations faibles’, des Juifs à la place d’Arabes (mais seulement des Juifs loyaux bien sûr !). Évacuation et construction, plus d’évacuation et plus de construction, ainsi de suite, circulairement. Cette prémisse, non seulement dépossède les peuples de leurs biens et les offre à d’autres — les emplacements ‘justes’ - espaces ouverts, terre, paysages — vont aux personnes ‘correctes’ ; mais elle détruit aussi le tissu social de quartiers et de communautés, en déracinant, désintégrant et réinstallant. C’est ainsi qu’ils veulent aussi déposséder les gens de Dahmash, village non reconnu au centre du pays entre Lod (Lydda) et Ramla. C’est aussi ce qu’ils proposent aux habitants d’Ajami (à Jaffa) : être évacués au bénéfice de ‘populations fortes’. Les gouvernements israéliens croient dans le remplacement des gens. Nous devons remplacer ce système — pas des gens qui vivent ici. The State of Israel vs. Citizens of Israelhttp://www.tarabut.info/en/articles/article/al-arakib-demolished/
A Chapter in the War of Attrition against the Bedouin Today an entire village was demolished in Israel ; a non-recognized Bedouin village : al-Arakib in the northern Negev, a few miles north of Beer-Sheva, next to Highway 40. Hundreds of police and Special Patrol Unit forces, bulldozers, and security personal participated in the operation. Thirty left-wing activists from different parts of the country managed to reach the site at the last moment in a sign of solidarity with the residents and to protest the destruction. But against such superior forces, crippling forces, there was not much of a chance. The police created a buffer between the Bedouin residents and their homes ; they formed a human wall between the activists and residents and the homes – and while doing so arrested several activists. Women and children were removed from their homes. Then, before the eyes of the people of al-Arakib, bulldozers demolished their homes and fields. There is nothing even similar to the demolition of a home. We know : there is deprivation and discrimination, there is neglect and privatization – not only in Israel. Even in countries that Israeli politicians often dream they belong to, ‘white and well-ordered states’ – there is racism and discrimination and deprivation. But not every state wages war against its own citizens, up to demolishing their homes. When the authorities mobilize hundreds of security forces, Special Patrol Units, and police for an operation that is to begin with the first morning light ; when you bring in bulldozers to demolish the homes of civilians ; when you declare them to be a potential enemy and act preemptively to prevent an imagined risk using destruction and violence – this is war. Modern war, of course : war whose arsenal includes not only tanks, but bulldozers ; not only planes, but building permits and decisions of planning commissions. And the government of Israel, on behalf of the State of Israel, is waging an ongoing war against its discriminated-against citizens, against the poor and the disadvantaged. This government does not simply neglect these citizens – it dispossesses, it threatens, and it destroys. We have to remember : It was the people of al-Arakib who, in the past, saw their fields sprayed with pesticides from the air, had their health impaired and their fields destroyed. In the Knesset, those who defended these actions argued about the exact dose of pesticides to be used. Were people really suffering from headaches and side-effects as alleged ? Was it perhaps possible to use a more reasonable dose ? It took several years until the Supreme Court finally decided that the spraying of these field from the air is a clearly illegal act. The Enemy Within So why bring upon the people of al-Arakib this destruction ? Just the day before the demolitions, the recent remarks of Prime Minister Benjamin Netanyahu regarding the proposed Loyalty Law were published. Netanyahu stated his position clearly : "We are a nation state, which means that the overall sovereignty of the country is reserved for the Jewish people. [...] Today, an international campaign is being waged against the definition of Israel as a Jewish state. I do not want to leave things as is [without a revised loyalty oath, GA], because we are under attack on this matter. The significance of these attacks is that various elements are liable to demand their own national rights and the rights of a state within the state of Israel – in the Negev, for example, if it becomes a region without a Jewish majority. This happened in the Balkans and constitutes a real threat." (My emphases ; Netanyahu’s declaration was included in Haaretz Hebrew edition (26.7.2010), but not in the English one) The words are clear : the state belongs to the Jews, not to all its citizens. Full civil equality of its citizens – individual and collective – constitutes a threat. Then the mirror effect : imagined aggression (“under attack”, “real threat”) justifies actual aggression. The Bedouin in the Negev are transformed into a "real threat," because something might happen there ; Netanyahu doesn’t say what but refers to the Balkans. There were several cases of ethnic cleansings in the Balkans. Proponents of ethnic cleansing often explain that they are merely defending themselves from a minority group, whose very existence is for them a threat. What are the Bedouin accused of ? How did their very existence become a "real threat" ? The Negev, says Netanyahu, might become a “region without a Jewish majority.” This is truly a good one : you can move from region to the next throughout the country and discover that in a particular area within Israel, there isn’t a Jewish majority, for example between Kafr Qara’ and Umm al-Fahem, or between Sakhnin and ‘Arabe. Well, then don’t we have to do something against this threat ? Yes, of course, and so we do ! Think about the project of establishing the city of Harish in Wadi ‘Ara, not as a solution to the housing shortage with which the current residents of the area must contend, and not as part of development plans that will benefit all residents of the region, but rather as an attempt to to use the housing shortage of the ultra-Orthodox as a tool against the Arab resident of the area – while at the same time preventing Arab citizens from developing and expanding their own communities. Just like the lookouts that were established in the North to surround and divide, to combat the "threat" of Arab communities in the Galilee. This is an ongoing war, a war of attrition against part of citizenry of the country, a war whose arsenal includes prohibitions of construction and orders of demolition, and whose soldiers are building inspectors and the Green Patrol. And while all of this is going on, demands are made upon Arab citizens to perform national service and to prove their loyalty to a state that is not loyal to them. Just a few weeks ago, near Shoket Junction in the Negev, in the context of everyday home demolitions, a Bedouin Soldiers Club was demolished. So what’s the message ? Clearly : No service, whether military or civilian, will guarantee equal rights. The Druze of the Galilee [who perform military service] don’t exactly enjoy equality, do they ? Evacuate, Move, Expel, Build, Evacuate
Why do the people of al-Arakib have to be evacuated ? Why are they being driven out ? The residents of al-Arakib are not ‘invaders’ of state land. Their village exists from before the founding of the state. Like thousands of other Arab Bedouin in the Negev, they were expelled, evacuated, and moved "temporarily," with or without promises of being allowed to return, for a week or six months, but in fact for good – and then their lands were confiscated. The Negev is full of Bedouin communities that were evacuated and transferred to different locations. It’s easy for the state to believe that the Bedouin are landless, that they are simply nomads with no rights. It’s convenient fiction the state can recite to itself in order to justify their forced transfer from place to place. In actuality, it’s the state that has retransformed the Bedouin back into what Hana Hamdan has called forced nomadism. People are told that the state is trying to make the Bedouin sedentary, make them "modern." In fact, it’s the state that’s busy making them nomadic again, undermining their hold on their lands. In the towns where the state is attempting to fence them in, while ignoring their way of life, their traditions, their culture, their rights – there the Bedouin will not become tied to the land. They’ll become a source of cheap labor. The Bedouin can be transferred from place to place for reasons of national security, like in the early 1950’s, and then again they can be transferred for reasons of peace, like in the late 1970’s, following Israel’s peace treaty with Egypt, so that new army bases could be built in the Negev. They can be evacuated for ecological reasons, because they’ve taken hold of “open spaces” – and then these same thousands of acres can be allocated to “individual ranchers,” Jewish ranchers, of course, who will “guard the national lands,” by taking hold of these very same “open spaces.” Indeed, without the public’s having even noticed, on July 17 the Knesset passed one of the most important bits of recent legislation : a law that retroactively legalizes massive takeovers of land and resources, and clearly illegal unauthorized settlement ; a law that grants the allocation of land to intruders – but positive intruders, the Jewish “adventurers” who have established for themselves individual ranches in the Negev. Who Are the Intruders ? For whose benefit did the people of al-Arakib have to be evacuated ? For the planting of forests by the Jewish National Fund. No less. Evacuate people for trees – the trees, like the Jewish National Fund had to admit, are being planted with no master plan and for no ecological or agricultural rationale. These are not beneficial trees, but rather intruding trees. Trees that are designed to ensure control. Trees like these can be seen elsewhere. We’ve seen such trees next to settlements in the West Bank ; hundreds and hundreds of saplings, sometimes simply planted in barrels, to ensure holding on to fields which Palestinian farmers are forbidden to enter. If you visit ‘Ajami (in Jaffa) or Kfar Shalem (in southern Tel Aviv), you can also see such decorative woods : woods planted to ensure control, acre by acre, to ensure the rights of real estate sharks or simply limit the use of the land by local residents. And around al-Arakib you really can see hundreds and hundreds of such trees : barren hills denuded of grass, on which stand erect, like soldiers in formation, hundreds of trees designed to prevent the people of al-Arakib from working their land. These trees are a fence, a living fence. al-Arakib is but a single case : two additional non-recognized villages in the northern Negev, Um-Hiran and ‘Atir, where the residents have been living for more than fifty years (they were transferred here from their previous location by order of the Martial Law Authorities), are supposed to disappear so that their place will be taken by a forest – the Hiran Forest. Today, you have look really hard to see a forest there, because there are currently no trees. The forest is a project, and the present residents of the location are simply an obstacle to its fruition. But hiding behind the virtual forest a virtual community, a new community, for Jews only – Hiran. This is how the Negev is made Jewish. The new development plans for the Negev are plans of dispossession. Bedouin Arabs were inundated by a huge wave of dispossession during the early 1950’s ; they again paid the price for the peace treaty with Egypt, and were forced out of the little that remained for them, from the places to which in certain cases they were transferred by the Martial Law Authorities, to other, often unviable locations. And now we stand before the next big wave. It’s important to note that this brutal wave, destroying any alternative regional development possibilities that could benefit all the Negev’s residents for the sake of Judaizing the region –is the result of a well-planned collaboration between private capital and corporations with the state. The future plans for the Negev (Blueprint Negev) were prepared by an American consulting firm, McKinsey & Company (the first private consulting firm whose services were used by the Israeli army) ; the initiative led by the Jewish National Fund of the United States (JNF-USA). This is huge partnership between the State of Israel and private, foreign capital. And, yet, these are the ones who dare demand loyalty, when their own loyalty is to overseas interests ! Is it really surprising to learn that Shimon Peres pushed the plan forward with such enthusiasm ? The other partner can’t be forgotten : the project is the “baby” of the JNF-USA’s chairman’s right-wing billionaire Ron Lauder. And the new settlement plans are being developed by the JNF in conjunction with "Or – National Missions”, with the aim of Judaizing the Negev and Galilee. Demolishing al-Arakib
Those who today witnessed the evacuation of al-Arakib can easily reach the wrong conclusion and believe that the Bedouin citizens of Israel are only up against the security forces. That is not the case. They are standing up for their elementary rights. But they are facing a powerful coalition that’s working against them, composed of both state authorities and non-state players – the JNF and the security forces, private corporations and settlers. And we must stand together with them. Behind all of this hides a basic premise that infuses every aspect of our lives here : Problems are solved by dispossession and transfer, by bringing in "strong populations" in place of "weak populations," Jews instead of Arabs (but only loyal Jews, of course !). Evacuation and construction, more evacuations and more construction, and so on, round and round it goes. This premise not only dispossesses people of their assets and offers them to other people – to the “correct” people go the “right” places – open spaces, the land, the landscape ; but it also destroys the social fabric of neighborhoods and communities, by uprooting, disintegrating, and resettling. In this way they also want to dispossess the people of the non-recognized village, Dahmash, in the center of the country, between Lod (Lydda) and Ramla. This is also what they’re proposing to the residents of Ajami (in Jaffa) : to evacuated for the benefit of “strong populations.” Israeli governments believe in replacing people. We need to replace this system – not the people who live here. Gadi Algazi, 28/7/2010 Dossier : reportages sur les destructions de 2 villages, vidéo, actions de résistance et appel à soutien, analyses
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